Jour 341 : mardi 30/05/2018
Ce matin, c’est à Watson Lake que nous nous réveillons, premier village du
Yukon quand on arrive par le sud.
Ça y est ! Nous sommes arrivés au Yukon, territoire du Canada qui nous fait
tant rêver depuis des années 🙂. Et si on s’intéressait un peu à ce territoire ?
D’un point de vue géographique
Si vous sortez une carte du Canada, dirigez votre doigt complètement à l’ouest
du pays vers l’océan Pacifique, puis remontez-le tranquillement vers le nord.
Quand vous ne voyez quasiment plus de villes affichées sur la carte, ça veut
dire que vous pointez votre doigt sur le territoire yukonnais 😉.
[Canada – Celui qui arrivait au Yukon]
Le Yukon a pour voisin l’Alaska à l’ouest, les Territoires du Nord-ouest à
l’est, la Colombie Britannique au sud et l’océan Arctique au nord.
Il couvre une superficie de 483 400 km², à peine que la France métropolitaine
(551 500 km²).
C’est au Yukon qu’on trouve le Mont Logan, point culminant du Canada, haut de
5959 mètres.
Mais on ne peut pas randonner dessus, c’est un glacier.
Le Yukon compte près de 36 000 habitants, se concentrant à 75% à Whitehorse, sa
capitale, le reste près de la rivière Yukon, cinquième plus long cours d’eau
d’Amérique du Nord et qui sillonne le territoire sur 1150 km jusqu’en Alaska.
Les paysages du Yukon sont principalement représentés par de la toundra (zone
rocailleuse de la région arctique) et de la taïga (forêt boréale recouvrant la
majeure partie du territoire).
Au delà du cercle polaire, le Yukon est renommé pour son soleil de minuit en
été (pendant trois mois, le soleil ne se couche quasiment pas).
En revanche, l’hiver, la nuit s’y installe et l’on ne voit plus la lumière du
jour pendant trois mois.
D’un point de vue historique
Les premiers habitants du Yukon sont les autochtones, à savoir tous les
Asiatiques qui ont traversé le détroit de Béring et qui ne se sont pas arrêtés
en Alaska il y a 10 000 ans.
Les premiers hommes “Blancs” arrivent en 1840 pour sillonner les mines,
commercer les fourrures ou chasser la baleine. Les Autochtones hériteront des
maladies européennes qui tueront plusieurs de leurs communautés.
Bien joué les gars !
Mais le Yukon est également connu pour sa Ruée vers l’Or du Klondike entre 1896
et 1899. À cette époque, c’est Dawson, le cœur de la frénésie, qui est nommée
capitale du Yukon.
Le drapeau yukonnais est symbolisé par sa fleur emblématique, l’épilobe, plus
couramment appelé ”fireweed” en anglais car il s’agirait d’une fleur qui
repousserait rapidement et abondamment après un feu de forêt.
[Canada – Celui qui arrivait au Yukon]
Le Yukon c’est aussi Jack London, un écrivain célèbre ici et partout dans le
monde, notamment grâce à ses œuvres les plus connues que sont “L’appel de la
forêt” et “Croc-Blanc”.
[Jack London – L’Appel de la Forêt & Croc-Blanc]
Mais revenons à l’endroit où nous nous réveillons ce matin, Watson Lake, un
village de 1500 habitants environ, où il n’y a pas grand chose à faire si ce
n’est aller voir cette incroyable forêt de panneaux, située près du centre des
visiteurs.
Qu’est-ce que c’est exactement ? Et bien il s’agit d’un lieu dans lequel sont
accrochés des milliers de panneaux indicateurs et de plaques d’immatriculation.
L’histoire de cette forêt débute en 1942 lorsque que Carl Lindley, l’un des
soldats américains qui s’affairait dans le coin à construire la route de
l’Alaska, eut un sérieux coup de blues.
Pour apaiser sa douleur, il planta un poteau sur lequel il accrocha un panneau
indiquant la direction où se trouvaient sa femme et sa maison.
Son geste en a inspiré plein d’autres et désormais, cette forêt compte plus de
86 000 panneaux indicateurs accrochés par des personnes de partout dans le
monde.
[Sign Post Forest – La Forêt de Panneaux][]
[On trouve de tout : poêles, chaussures, grille-pain… :)]
[On trouve de tout : poêles, chaussures, grille-pain… :)]
[On trouve de tout : poêles, chaussures, grille-pain… :)]
[On trouve de tout : poêles, chaussures, grille-pain… :)]
On trouve de tout : poêles, chaussures, grille-pain… 🙂
Du coup en voyant tous ces panneaux et cette impressionnante “forêt”, on se
motive pour trouver nous aussi, quelque chose qui laissera une trace de notre
passage ici.
Motivés, oui nous le sommes mais nous n’avons absolument rien à accrocher.
Pas de plaques d’immatriculation, pas d’assiettes, rien !
Après mûre réflexion et fouille du van, nous finissons par dégoter un morceau
de carton blanc récupéré d’une pochette à stylos.
J’y mets les couleurs du drapeau français et sur la partie blanche du drapeau,
j’y inscris nos noms et notre dernière ville de résidence.
Guigui, qui a un meilleur coup de crayon que moi, y dessine Le Petit Prince,
notre mascotte de voyage depuis 2013 😉.
Et pour lui donner un peu de couleurs à notre Petit Prince, nous pratiquons la
peinture végétale avec de l’herbe pour son joli pantalon vert, et du pissenlit
pour ses cheveux dorés.
Et le tour est joué ! 🙂
Il ne nous reste plus qu’à protéger notre œuvre d’une belle pochette plastique
et à lui trouver une place.
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[Canada – Celui qui arrivait au Yukon]
[Canada – Celui qui arrivait au Yukon]
À Watson Lake, dans le centre récréatif où nous prenons notre douche plus
précisément, nous faisons la rencontre d’Arthur, un voyageur français qui
parcourt le Canada d’Est en Ouest en auto-stop.
Il a besoin d’une voiture pour le rapprocher de Whitehorse, actuelle capitale
du Yukon.
Ce n’est pas notre destination immédiate puisque nous prenons notre temps pour
voyager, mais pour avoir été nous-mêmes des auto-stoppeurs lors de notre
premier voyage à travers l’Europe et l’Asie, nous acceptons volontiers de
l’embarquer avec nous.
À ce moment-là de notre voyage, nous ne savons pas encore qu’est en train de
naître une belle amitié 🙂.
En route voyageurs !