Canada – Celui qui coursait un ours noir sur Lakes Trail

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Jour 669 : jeudi 31/05/2018

Aujourd’hui, nous profitons de notre journée de congé pour aller promener
Chimay et Molson, les deux chiens que nous gardons en ce moment, du côté du de
Riverdale, sur la route de Chadburn Lake, la même zone où jeudi dernier ces
deux petits monstres se sont transformés en cactus après avoir attrapé un
porc-épic.

C’est sur le sentier Lakes Trail, d’une distance de 11 km environ avec moins de
100 mètres de dénivelé, que les chiens vont courir et nous faire vivre quelques
frayeurs…

Un chemin qui longe plusieurs lacs.

Le départ s’effectue au bord des Hidden Lakes, zone d’une boucle d’environ une
heure que nous emprunterons à la fin de Lakes Trail afin de varier le retour.

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Nous marchons en direction de Chadden Lake dans un premier temps, un lac
accessible uniquement à pieds où nous effectuons une première pause pique-nique
et rafraîchissement pour les chiens qui n’arrêtent pas de courir et renifler de
fond en comble ce nouveau terrain de jeux qu’ils n’ont pas l’habitude
d’explorer.

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Une rando pas difficile mais qui réveille toutefois nos muscles à travers les
nombreuses collines qu’il nous faut monter et descendre.

La balade est plutôt agréable, nous faisant marcher tantôt en forêt, tantôt sur
des chemins en balcon et nous offrant de très belles vues sur les lacs et les
sommets du Mont Sima (la station de ski), le Mont Mac mais également Grey
Mountain et Golden Horn.

Nous poursuivons la balade jusqu’à Chadburn Lake, un autre lac, plus grand que
les précédents.

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Parfois, à défaut de les voir, nous pouvons entendre au loin les hurlements de
quelques coyotes, mais peut-être ne sont-ils pas si loin que ça… La faune est
omniprésente au Yukon.

Sur le chemin retour, nous passons de nouveau devant Chadden Lake. Jusqu’à
présent, Chimay et Molson se sont montrés plutôt cool mais soudainement, ils
entrent en crise et partent à plein balle droit devant sur le sentier, les
crocs en évidence.

Comme je suis en arrière du sentier, je ne vois pas trop ce qu’il se trame
devant nous mais Guigui qui est en tête de rando réagit et dit : “oh les cons !
Y’a un ours ! Ils sont en train de le courser !”

Tout à coup, c’est la panique.

Guigui et moi dégainons chacun notre bombe à ours, prêts à nous en servir si
nécessaire.

En réalité, à ce moment précis, nous ne craignons pas pour notre vie mais
plutôt pour celle des chiens car il est évident que face à un ours noir, ils ne
font pas le poids.

De plus, ils ne sont pas NOS chiens ! Nous les gardons pour Stéphanie et
Marie-Alexis, parties en France pour les vacances alors on aimerait éviter
d’avoir à leur dire à leur retour un truc du genre : “merci les filles, le
housesit était super. Ah, par contre, vos chiens sont morts, ils se sont faits
croquer par un ours… [frown]”.

Nous crions donc très très fort leurs noms pour qu’ils reviennent à nous. Je
hurle de toutes les forces jusqu’à apercevoir Molson à une vingtaine de mètres
de nous.

Mais Chimay, cette petite teigne qui se croit plus forte que tout, ne montre
toujours pas le bout de sa truffe.

“Merde ! Il lui est arrivé malheur”, pensons-nous.

Finalement, après les avoir appeler pendant peut-être deux à trois minutes (en
vrai ça nous a paru une éternité), ces deux petits monstres finissent par
revenir à nous, sains et saufs.

Guigui voit l’ours noir partir en courant à travers bois, à priori loin du
sentier, mais nous restons sur nos gardes car, bien que nous ne le voyons plus,
il peut être encore dans les parages. Nous sommes donc potentiellement en zone
dangereuse…

Les chiens de nouveau à nos pieds, nous les remettons en laisse et passons la
zone de danger, les bombes à ours toujours à la main.

Mais il faut croire qu’en voyant deux fous furieux lui courir après avec les
crocs apparents ainsi que deux gogoles en arrière en train de hurler
(comprendre nos propres personnes), l’ours a eu plus peur que nous. C’est la
raison pour laquelle il s’est sauvé en direction opposée à la nôtre. L’effet de
masse surprend et effraie souvent les ours, mais il faut toutefois rester
vigilants.

En voilà une belle frayeur !

Depuis ce jour, nous avons décrété que ces deux petits monstres perpétuaient la
malédiction du jeudi.

Avec eux, le jeudi, tout est permis, le jeudi c’est jour de connerie.

C’est vrai quoi ! Un jeudi, Chimay se roule dans le caca. Un autre jeudi, ils
se prennent la truffe dans les épines d’un porcs-épic et aujourd’hui, encore un
jeudi, ils coursent un ours au péril de leurs vies.

Pour les prochaines personnes qui seraient amenées à garder ces deux adorables
petits monstres, nous ne saurons que trop leur recommander de rester
tranquilles les jeudis [smiley].

Une fois la zone de danger potentiel passée, nous relâchons les chiens qui se
montrent bien calmes et restent à nos pieds pour une bonne partie de la fin de
la balade.

Selon nous, ils ont beau eu faire les malins et les énervés tout à l’heure, ils
ont quand même dû avoir la pétoche en voyant un ours d’aussi près [smiley].

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Avant de rentrer à la voiture, nous effectuons la variante recommandée dans le
guide des randonnées, qui consiste à faire le tour des Hidden Lakes et rajouter
trois kilomètres et demi à la rando, soit quarante-cinq minutes supplémentaires.

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Mine de rien, ces 4h de marche ont bien fatigué nos jambes. Toutes ces montées
et descentes mises bout à bout, si petites soient-elles, ont fait travailler
nos cuisses [smiley].

À 17h, je m’en vais travailler deux petites heures pour donner un cours de
français.

Une belle balade que nous avons effectuée aujourd’hui, mais nous nous serions
bien passés de l’aparté “ours noir” qui a su jouer avec nos émotions [wink].

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