Canada – Celui qui découvrait Dawson City

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Jour 412 : mardi 08/08/2017

Dawson City, c’est ici que prend fin notre expédition en canoë.

Nous accostons, laissons toutes nos affaires dans le canot et allons à pieds
jusqu’à l’agence Husky Bus pour les prévenir de notre arrivée, et leur demander
s’ils peuvent garder notre canoë ainsi que quelques affaires en attendant notre
départ pour Whitehorse ce samedi matin.

L’agence accepte, c’est parfait 🙂.

Nous ne gardons avec nous que l’essentiel, à savoir nos vêtements, affaires de
toilette, la tente évidemment et tout notre équipement de camping, ainsi qu’un
peu de bouffe.

Nous réussissions à stocker tout ça dans nos sacs jaunes fluo que nous
utilisons généralement pour protéger nos sacs à dos dans l’avion.

Ils ne sont absolument pas pratique à porter mais en baluchon, ça se fait pas
trop mal 😉.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

Dawson est vraiment une très petite ville. Tout peut se faire à pieds.

Nous marchons donc jusqu’au ferry gratuit qui traverse la rivière et nous
permet de nous rendre jusqu’au camping le moins cher de la ville.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

Dans ce camping, il n’y a pas de sanitaires, mais uniquement des toilettes
sèches et des emplacements de tente.

Du bois est mis à disposition gratuitement aussi, si les campeurs souhaitent
faire un feu. Et ça, c’est plutôt cool 🙂.

C’est donc ici que nous allons dormir ces quatre prochaines nuits.

Dans ce genre de camping territorial, il n’y a pas de service d’accueil, c’est
la raison pour laquelle la nuit ne coûte que 12$.

Du coup, tout se fait sur la confiance. Il faut donc déposer son argent dans
une boîte et inscrire son nom et son emplacement sur un papier.

Un garde viendra plus tard effectuer sa ronde et vérifier que tout est en ordre.

Une fois installés, nous retournons en “centre-ville” par le ferry afin de nous
doucher dans un autre camping (trop cher pour y dormir) et s’en suit un bon
dîner au resto pour fêter nos 15 ans de couple (et surtout manger autre chose
que du riz, des pâtes ou des plats lyophilisés) 🙂.

Quoi de mieux après 13 jours de navigation qu’un bon burger pour nous faire du
bien ?

[]

Jours 413 à 415 : du mercredi 09 au vendredi 11/08/2017

Que faisons-nous à Dawson durant ces trois jours ?

Nous découvrons le charme d’une ville, vivant certes, principalement du
tourisme en été, mais qui a gardé son charme et son atmosphère du début du
20ème siècle, à l’époque de la Ruée vers l’or.

Il était une fois, la Ruée vers l’or !

Au 19ème siècle, Dawson n’est qu’un modeste poste de traite. En août 1896,
trois yukonnais répondant aux noms de Georges Carmack, Dawson Charlie et
Skookum Jim Mason, découvrent de l’or dans un ruisseau appelé aujourd’hui
Bonanza Creek, dans la région du Klondike.

Évidemment, la nouvelle se répand très vite et attire des envieux, si bien que
l’or devient le rêve de tous ceux qui ont soif de fortune, d’aventure ou d’une
autre vie.

Pour d’autres, l’or serait la solution à leur vie de misère, noyée sous les
dettes.

L’hiver qui arrive refroidit un peu les ardeurs mais les projets se mijotent.
Dans plusieurs familles du Canada, des États-Unis et d’ailleurs en Europe, les
plus braves et les plus téméraires annoncent à leurs proches leur décision de
partir pour le Klondike.

Pour les familles restant au foyer, ces chercheurs d’or improvisés deviennent
soudainement des héros alors même qu’ils ne sont pas encore partis.

Pour la plupart, ces courageux arrivent par la côte pacifique de l’Alaska où
ils font le plein de vivres, de matériels et se font prendre en photo.

La mode du moment est de se faire prendre en photo dans son costume de
prospecteur et de l’envoyer à la famille en guise de carte postale.

Jusque là, le voyage est relativement facile mais une fois le portrait
photographié, l’aventure, la vraie, commence. Des kilomètres de sentiers
doivent être parcourus, le dos courbé sous le poids des vivres.

Finalement, dormir sous la tente, grelotter, marcher dans la boue et supporter
des kilos de matériel sur le dos s’avèrent plus difficile qu’ils ne le
croyaient. Et le pire est à venir quand ils doivent, plus loin, construire une
embarcation pour atteindre Dawson par voie fluviale, ce qui signifie au Yukon,
affronter des nuages de moustiques, des rapides, des canyons, des tourbillons
et des courants meurtriers parfois.

Par manque de ressources, de muscles ou d’endurance physique, certains
abandonnent en cours de route. On estime que 70 000 prospecteurs sur 100 000
auraient échoué.

En été 1897, le Yukon est littéralement pris d’assaut par des milliers de gens.

La Ruée vers l’or prend des proportions inimaginables.

Parmi ces gens, une poignée de mineurs mais beaucoup de comptables, des
agriculteurs, bûcherons, propriétaires de magasins ou menuisiers.

Il y a beaucoup d’hommes, quelques femmes et presque pas d’enfant.

En été 1898, la Ruée vers l’or atteint son paroxysme. En à peine deux ans,
Dawson est passée de quelques ramassis de tentes et cabanes à la plus grande
ville canadienne à l’ouest de Winnipeg au Manitoba, avec accès au téléphone, à
l’eau courante et au chauffage à la vapeur.

Les plus beaux immeubles de la ville sont les salles de danse, les bars, les
hôtels et les théâtres.

Dawson et ses environs compte désormais 40 000 habitants !

On prospecte l’or le jour et on troque la poussière d’or contre les plaisirs de
la vie le soir…

En avril 1899, un incendie ravage la ville de Dawson et détruit 117 bâtiments.
Mais pas question de baisser les bras pour autant, la population reconstruit
dès l’arrivée de l’été.

En attendant, l’or s’épuise peu à peu et un gisement est découvert à Nome en
Alaska.

Dawson se vide de la majeure partie de la population à la fin de l’été 1899.

Au cours de la décennie qui suit, cette population ne fait que diminuer de plus
en plus et l’apparition des techniques minières mécaniques ne fait qu’inciter
les gens à quitter le territoire tout autour.

La Première Guerre mondiale accentue le déclin de l’activité minière.

La Ruée vers l’or aura été de courte durée. Plus de deux années hyper intenses
suivi d’une décennie de beaux délires mais près d’un siècle pour raconter cette
période complètement folle.

Dawson connaît un regain d’énergie dans les 1930 mais qui sera malheureusement
ralenti par la Seconde Guerre mondiale.

Dawson demeure la capitale du Yukon jusque dans les années 1950. La
construction de la route de l’Alaska au sud permet à Whitehorse de devenir le
centre commercial et administratif du territoire du Yukon.

Dawson lègue le statut de capitale du territoire à Whitehorse en 1953.

Aujourd’hui, le tourisme est la principale industrie de Dawson, ville d’environ
2000 habitants à l’année.

Nous entamons donc notre visite de la ville, au charme d’antan si séduisant.

L’architecture est telle que l’on se croirait dans un western.

Peu de routes sont asphaltées mais beaucoup de chemins de terre, rendent la
ville assez poussiéreuse. Les trottoirs quant à eux sont faits de palissades en
bois.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

Certains lieux, comme l’ancienne banque ne se visite qu’avec un guide
touristique, à des heures bien déterminées.

Nous nous passons volontiers du guide et réussissons à voir, à travers les
vitres, à quoi ressemblait l’établissement à l’époque.

C’est génial ! On se croirait dans un film de western américain 🙂.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

Dans l’histoire de Dawson une grande menace pour les bâtiments est le
pergelisol (ou permafrost en anglais). En effet, lorsque les immeubles chauffés
sont aménagés sur un sol gelé, celui-ci dégèle et l’eau de fonte se mélange à
la terre et forme de la boue dans lesquelles les différents éléments des
fondations s’enfoncent à une vitesse différente. Les immeubles sont alors
beaucoup moins stables comme on le voit sur ces photos de bâtiments non
restaurés.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

Pendant ce séjour chaud et ensoleillé à Dawson, nous sommes allés nous promener
sur le sentier du Midnight Dome, une randonnée assez simple dont le départ se
prend au bout de la sixième avenue.

De là-haut, une vue époustouflante sur la ville vedette du Klondike.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

À l’autre bout du sentier, nous avons la vue sur les mines encore actives de la
région. Une sorte de petit village aménagé exprès pour les travailleurs.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]

Lors de ce séjour à l’époque de la Ruée vers l’or, nous passons un peu de temps
avec Normann, Dominic ainsi que deux autrichiens, tous rencontrés sur la Yukon
River lors de notre périple en canoë.

Nous passons une belle soirée au cabaret. Ambiance des années 20 assurée 🙂.

Au beau milieu du casino, des machines à sous, du black Jack, poker et autre
roulette russe, se déroule un beau spectacle en trois parties : une première
partie rappelant l’ambiance folle des années 20, une deuxième partie de
spectacle mettant plus en lumière les années 50 et enfin une troisième et
dernière partie plus moderne mettant en scène les années 70 et 80.

La chanteuse chante vraiment super bien. Les costumes sont très beaux et les
danseuses de French Cancan en mettent plein la vue à leur public.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
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Dawson c’est également la visite du SS Keno, un des bateaux à aubes utilisés à
l’époque pour remonter la rivière.

[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
[Canada – Celui qui découvrait Dawson City]
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C’est un très bon moment que nous passons dans cette ville mythique du Yukon.

Nous serions même curieux de voir à quoi ressemble la ville en plein hiver,
sans les touristes.

Ces quelques jours passés à Dawson nous donneraient presque envie
d’expérimenter un hiver dans cette contrée du Yukon…

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