Mais qui sont les Acadiens ?
En 1632, une cinquantaine de familles françaises quittent le royaume de France
et partent du Poitou pour fonder l’Acadie et donner naissance à l’une des
civilisations les plus originales d’Amérique du Nord.
S’installant d’abord dans la baie de Fundy, puis dans ce qui est aujourd’hui la
Nouvelle-Écosse, ces immigrés bénéficient de riches terres à cultiver et
obtiennent des rendements supérieurs à ceux de la France et du Québec.
Livrés à eux-mêmes par la France, ils réussissent rapidement à pratiquer
l’autosuffisance.
Ce peuple totalement neutre dans les conflits de territoires entre la France et
l’Angleterre, vivra plusieurs années heureux et en osmose avec la nature,
jusqu’à ce que les batailles entre les français et les anglais ne reprennent de
plus belle et les chassent de leur territoire.
Nous y reviendrons plus en détail au cours de l’article.
Jour 89 : samedi 17/09/2016
Après avoir roulé un peu moins d’une heure au sud ouest d’Halifax, nous voici
arrivés à Peggy’s Cove, un minuscule village de pêcheurs d’une soixantaine
d’habitants.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Un peu avant 19h, nous allons marcher sur les rochers et prendre quelques
photos d’un coucher de soleil finalement moins extraordinaire que nous
pensions, les nuages le rendant plus discret et moins lumineux.
Beaucoup de monde malgré tout sur les lieux, mais cela ne nous empêche pas de
bien nous amuser 😉
Nous nous sentons tellement mieux ici qu’à Halifax.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
C’est sur le parking situé à côté du phare que nous passons la nuit.
Pris d’un regain de motivation pour la rédaction de notre blog, nous nous
couchons assez tard.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Jour 90 : dimanche 18/09/2016
Levés tard évidemment, nous trainons un peu en matinée avant de reprendre la
route vers 12h30 pour le village de Lunenburg, situé à environ 1h de voiture.
En chemin, nous nous arrêtons à Mahone Bay, un petit village blotti au fond de
la baie et dans lequel demeurent le long du front de mer, de vieilles maisons
aux allures un peu hantées, ainsi que trois églises côte à côte : une église
anglicane, une église luthérienne et une troisième dont nous n’avons pas su à
quel courant religieux elle appartient.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Rien de spécial à faire dans ce village mais que nous trouvons toutefois très
mignon avec ses façades colorées et son ambiance automnale, toutes ces
citrouilles, épouvantails et poupées de chiffon disposés un peu partout dans
les rues.
Beaucoup de restaurants aussi
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
J’aimerais bien profiter d’être en bord de mer pour manger un véritable “fish
and chips” comme Guigui a pu goûter à Terre-Neuve, mais ici c’est un peu cher,
donc j’attendrai de trouver une meilleure place.
Une petite pause sur le port où nous remarquons plusieurs petits salons
flottants installés sur des radeaux.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
10 km plus loin, nous arrivons à Lunenburg, une ville habitée par les Acadiens
jusqu’au milieu du 18e siècle.
Nous nous rendons de suite au centre de visiteurs prendre différentes
informations.
Puis, à raison de 3,45$ chacun, nous prenons une bonne douche chaude dans le
camping situé juste en face.
Une fois la pluie cessée, nous allons nous promener en fin de journée dans la
vieille ville de Lunenburg.
Le bateau nommée le Bluenose 2 et que l’on retrouve sur les pièces de 10 sous,
est arrivé à quai cet après-midi et il est possible de le visiter gratuitement.
C’est ce que nous faisons rapidement, question de nous occuper un peu, mais on
ne peut pas dire que cela nous fascine beaucoup…
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
La vieille ville est vraiment très très petite.
Une rue principale où se trouvent tous les restos mais aussi une charmante
ruelle aux maisons colorées.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Pour le souper, nous allons manger au Knot Pub, un bistrot recommandé par
l’employée du centre de visiteurs, et dans lequel on y mangerait d’excellents
fish and chips pour pas cher.
D’après elle, c’est dans ce pub que les locaux aiment se retrouver.
L’ambiance et la déco locales sont effectivement bien présentes.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Pas cher, ça c’est bien vrai.
Nous payons 50$ taxes et pourboires compris (environ 35€) pour deux boissons,
deux plats et un dessert que nous partageons.
Et franchement, je me régale avec mon gros fish and chips.
Guigui lui, n’est pas non plus mécontent de son burger à la choucroute, un
jamais vu jusqu’à aujourd’hui, pas même en Alsace 😉.
Et qui dit burger et choucroute, dit une bonne binouze pour mon pti coeur,
servie dans un verre plutôt rigolo.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Le repas terminé, nous sommes repus.
Nous roulons pendant 5 km afin de sortir de la ville et nous trouver un endroit
où dormir.
Nous stationnons sur le bord d’une petite route peu passante et pas du tout
éclairée.
Nous devrions passer une bonne nuit.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Jour 91 : lundi 19/09/2016
Ce matin, nous roupillons jusqu’à 10h.
Dehors il pleut et nous aurons ce temps toute la journée.
Pas grand chose à faire par temps de pluie, surtout dans un mini-van, alors
nous passons la journée entière au café Tim Hortons.
Au programme : du blog, du tri et sélection de photos, de la lecture sur
internet et une étude de l’itinéraire de nos prochains jours.
Nous ne faisons que changer de programme tout le temps.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Jour 92 : mardi 20/09/2016
Aujourd’hui, nous prenons la route pour Grand-Pré, LE village qui a marqué
l’histoire des Acadiens, en bien comme en mal.
Sur ce site historique, nous commençons la visite par le visionnage d’un film
de 22 minutes racontant l’histoire de ce peuple acadien, de leur installation à
Grand-Pré jusqu’à leur déportation.
Un film très intéressant et bien conté, qui nous permet de mieux comprendre
l’histoire de ces canadiens-français, à un moment de notre voyage où nous nous
demandions justement qui étaient ces gens.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
L’histoire, la voici.
Une cinquantaine de familles françaises partent du port de la Rochelle en 1632
pour découvrir et tenter une vie meilleure outre-atlantique.
C’est en Nouvelle-Écosse qu’ils s’installent et à Grand-Pré plus
particulièrement.
A Grand-Pré, la marée peut monter très haut, apportant énormément de nutriments
et minéraux aux terres avoisinantes.
Ces marais salés ne permettent pas de cultiver.
Mais c’est sans compter sur l’ingéniosité des Acadiens.
Pour pouvoir exploiter ces terres naturellement riches et bonnes pour la
culture, les Acadiens construisent d’une part une digue permettant d’assécher
les marais, et un aboiteau d’autre part, qui permet de faire sortir l’eau de la
rivière sans pour autant laisser entrer l’eau de la mer lors des marées
montantes car cela détruirait les cultures.
Une fois les marais asséchés, les Acadiens peuvent cultiver en quantité fruits,
légumes et céréales, d’où le nom de Grand Pré donné au village, en référence à
une ferme géante.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Un peu abandonnés par la France, les Acadiens réussissent à vivre en
autosuffisance et leur rendement est même bien supérieur à celui de leur pays
d’origine.
l’Acadie naît, donnant ainsi naissance à une civilisation absolument originale.
Premier coup dur pour ce peuple autonome en 1713, quand la France cède l’Acadie
aux anglais
Elle s’appelle désormais la Nouvelle-Écosse.
Les Acadiens réussissent à négocier avec les anglais une entente leur
permettant de garder leurs terres et de pratiquer leur religion catholique en
toute liberté. Ils obtiennent même la neutralité dans les conflits
franco-anglais, ceux-là mêmes souhaitant simplement vivre une vie paisible dans
leur village.
Bien que les Acadiens ne désirent pas se lier d’amitié avec les français comme
avec les anglais, ces deux nations toujours en guerre l’une contre l’autre, ils
établissent toutefois de très bonnes relations avec les Mic’maq, l’un des
peuples autochtones de l’Amérique du nord.
En effet, une relation pacifique s’installe entre ces deux populations qui, au
lieu de se disputer un territoire, préfèrent apprendre les uns des autres,
s’entraider, vivre ensemble tout simplement.
Acadiens et Mic’maq avaient en réalité déjà tout compris sur que signifie
“vivre en paix”…
Deuxième coup dur pour les Acadiens en 1744, avec des anglais qui les obligent
à prêter serment d’allégeance à la couronne, ce qui signifie qu’ils devront
prendre les armes et se battre contre les français.
En clair, il faudra obéir aux ordres.
Les Acadiens, qui ne veulent prendre ni les armes ni parti pour les français ou
les anglais, refusent de signer ce serment car ils souhaitent conserver leur
neutralité dans ces conflits et vivre seulement de leurs terres.
Bref, ils n’emmerdent personne et ne veulent pas se faire emmerder.
Et nous les comprenons parfaitement.
Mais en 1755, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse se voit obligé, sous les
ordres de la couronne, d’expulser les Acadiens de leurs terres et de les
déporter à droite et à gauche, sur les différents territoires anglais de
l’époque.
Beaucoup de ces Acadiens se voient séparés de leur conjoint et de leurs
enfants, envoyés de force pour l’exil en tant que prisonniers en Angleterre, ou
déportés dans les états de la côte nord-est de la Nouvelle-Angleterre (les
États-Unis d’aujourd’hui), dans le Maine et le Massachusetts, où les Acadiens
se font rejeter par les populations locales.
Du coup, ils reviennent en France malgré eux, notamment en Bretagne, tandis que
d’autres échouent en Louisiane et deviennent par la suite des “Cajuns”.
D’autres Acadiens trouvent refuge chez les amerindiens du Nouveau Brunswick ou
en Gaspésie.
En 1763, tout le Canada est cédé à l’Angleterre mais les Acadiens survivants
sont autorisés à rester sur leurs terres d’accueil, à savoir sur l’île du
Prince Édouard, mais surtout au Nouveau Brunswick qui devient la nouvelle terre
acadienne.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Aujourd’hui, le Nouveau Brunswick est la seule province canadienne qui soit
officiellement et réellement bilingue.
Grâce à leurs traditions familiales et religieuses, les Acadiens réussissent à
préserver leur langue (le français) et leur identité.
Ils adoptent même le drapeau français orné d’une étoile jaune dans le bleu, que
l’on voit accroché partout aux maisons des alentours et en Nouvelle-Écosse
d’une manière générale.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Pendant la déportation, beaucoup de familles et de couples sont séparés,
meurent de famine, de maladie ou de noyade en mer quand les bateaux échouent.
Des enfants sont forcés à travailler pour seulement quelques pièces ou un
morceau de pain.
À l’époque, les anglais comme les français, achetaient des esclaves noirs venus
des îles et de l’Afrique.
Certes, ces esclaves ne sont pas super bien traités et surtout privés de leur
liberté, mais ils restent toutefois bien nourris car ils doivent être efficaces
pour réaliser tous les travaux difficiles, notamment dans les champs.
Les esclaves noirs sont littéralement un investissement.
Bref, le statut d’esclave n’est déjà pas terrible, mais les Acadiens ont un
statut encore pire que les noirs.
En effet, n’étant pas achetés mais donnés de force aux colons, ils sont forcés
de travailler sans pour autant être bien traités.
Mal nourris, mal entretenus, mal soignés, les colons les laissent mourir comme
des chiens.
Après avoir visionné ce film vraiment très intéressant au sujet de ce “Grand
Dérangement” comme ils disaient à l’époque pour parler de la déportation, nous
partons nous promener dans les jardins de Grand-Pré.
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
[Canada : Celui qui découvrait l’Acadie]
Et nous rencontrons ensuite François, l’un des guides de ce lieu, lui-même
d’origine acadienne.
Nous discutons un long moment avec lui de cette période tragique qu’ont connu
ses ancêtres.
Puis il nous donne quelques infos intéressantes sur des lieux sympas où nous
pourrions passer l’hiver dans le cadre de notre PVT.
Selon lui, Moncton au Nouveau Brunswick serait un bon choix. Affaire à suivre…
Et vers 16h, nous terminons la visite de ce lieu historique devenu une sorte de
pèlerinage pour les Acadiens d’aujourd’hui.
Nous avons beaucoup aimé cette visite car elle nous a permis de mieux
comprendre l’histoire de tout un peuple, initialement nos ancêtres français.
Malheureusement, ce genre de lieu nous rappelle que depuis toujours l’être
humain passe son temps à faire la guerre et à mettre à mal les populations les
plus démunies.
Ces déportations, ces peuples cherchant un endroit paisible où s’établir, nous
font beaucoup penser à ce qu’il se passe actuellement en Europe.
Et c’est bien triste de constater qu’après des siècles passés, rien n’a évolué.
Enfin bref !
Petite pause casse-croûte et nous reprenons la route vers le nord, en direction
d’une nouvelle province canadienne : l’île du Prince Édouard.