Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)

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Jour 407 : jeudi 03/08/2017

9ème jour canoë

45 km parcourus

4h30 de navigation

Nous décollons assez tard du camp aujourd’hui. Il a beaucoup plu ce matin alors
le départ ne se fait pas avant 12h20.

Désormais il fait très chaud, beaucoup trop chaud pour pagayer [🙂].

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[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Le paysage est superbe aujourd’hui, beaucoup plus montagneux.

Nous apercevons ce que nous pensons être des chèvres de montagnes, au nombre
d’une vingtaine environ, en train de dévaler la falaise située juste en face de
nous.

Difficile de dire précisément de quel animal il s’agit depuis notre canoë. Il
nous aurait fallu des jumelles…

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Au même moment, alors que nous observons ces biquettes courir dans la montagne,
Guigui aperçoit un grizzly sur un banc de galets, juste en face de nous, à
quelques dizaines de mètres.

Là, nous ne faisons plus un seul bruit.

Nous l’observons et nous demandons justement si un ours est capable de nager et
de passer d’île en île.

Très vite, la question ne se pose plus.

Nous le perdons de vue un instant. Il s’est mis à l’eau pour quitter son banc
de galets et retrouver l’île située juste en face.

Donc oui, les ours savent nager, et même très bien !

Nous ne voyons donc que sa tête hors de l’eau, et notre bateau se dirige, sans
le faire exprès, droit sur lui.

Qu’est-ce qu’on fait si on se retrouve nez à nez avec lui ? [🤔]

Au cas où, Guigui sort la bombe à ours.

Finalement, le grizzly nage assez vite et rejoint fissa son île. Nous pouvons
encore l’apercevoir derrière les feuillages.

Une heure plus tard, nous entendons de nouveau du bruit et voyons des arbustes
bouger.

Le bateau continue son chemin mais une fois le buisson agité dépassé, nous nous
retournons et voyons un ours noir en sortir.

Il s’arrête, nous regarde. Nous lui faisons coucou de la main et pas inquiet
pour un sou, il descend boire un coup à la rivière.

Whaou ! Nous sommes trop contents de voir autant de nature sauvage ! C’est
incroyable ! [🙂]

Dans le guide, il est écrit qu’après le village de Minto, il y a beaucoup plus
de vie sauvage à mesure que la route s’éloigne de plus en plus de la rivière.

Le guide dit vrai, c’est le moins que l’on puisse dire !

Nous avons vu des chèvres, un grizzly et un ours noir en moins de deux heures !
[🙂] Sans oublier les aigles et les faucons !

Toujours sous un soleil de plomb, nous poursuivons notre navigation sans trop
forcer jusqu’au village de Fort Selkirk. Nous y arrivons vers 16h45.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Nous y faisons la connaissance de deux autres navigateurs très sympas : un
canadien d’origine chinoise et malaisienne vivant à Toronto, âgé de 32 ans et
parti pour une année de voyages sans sa femme, et un jeune allemand de 20 ans
parti pour un voyage avant l’entrée à l’Université.

Le camping gratuit est vraiment chouette. Il est intégré au village encore
habité par quelques familles issues des Premières Nations.

Après avoir installé notre campement, nous renonçons d’entreprendre la
randonnée de 3,5 km nommée Victoria Rock car le soleil nous a vraiment achevé.

Nous préférons visiter les vestiges du village, de vieux bâtiments rénovés pour
certains, en cours de rénovation pour d’autres.

L’histoire de Fort Selkirk, la voici :

Situé au confluent de deux cours d’eau importants, la rivière Pelly et la
rivière Yukon, Fort Selkirk était un lieu de rencontres établi sur un site
plat, idéal pour l’habitation, près de bonnes terres de chasse et de bons sites
de pêche.

Fort Selkirk a été un lieu de rassemblement pendant des années.

Les aînés de la Première Nation Selkirk racontent dans leurs histoires,
l’éruption volcanique datant de 7000 ans.

Certains outils découverts, fabriqués en pierre, ont entre 8000 et 10 000 ans !

De l’autre côté du fleuve, des ossements de caribou vieux de plus d’un million
d’années indiquent qu’il existait une source alimentaire importante bien avant
que des hommes n’habitent la région.

Les autochtones du nord de la région s’arrêtaient à Fort Selkirk pendant leur
ronde saisonnière.

Ils suivaient les migrations de poissons et de gibiers dont ils dépendaient
pour leur survie.

Ils chassaient le bison des bois, encore présents dans la région il y a une
centaine d’années, ainsi que le caribou, le mouflon, l’orignal et piégeaient
même le lynx et le castor.

Fort Selkirk était un important site de pêche également, où les groupes
familiaux venaient chaque été pendant la montée du saumon.

D’autres autochtones des régions voisines se rencontraient à Fort Selkirk pour
faire du commerce et tenir des festivités.

Les histoires des Premières Nations décrivent Fort Selkirk comme un lieu animé
où l’on élevait sa famille et renouvelait ses amitiés après les voyages
d’approvisionnement en nourriture. Un lieu également où les gens dansaient et
s’adonnaient à des jeux.

Il y a encore des personnes qui pratiquent ces traditions, ce que nous trouvons
vraiment cool.

Aujourd’hui, les jeunes issus de la Première Nation Selkirk retournent au
village du même nom pour apprendre de leurs aînés les modes de vie ancestraux
et célébrer leur patrimoine.

Des générations d’ancêtres sont enterrées à Fort Selkirk.

Fort Selkirk était donc un poste de commerce et d’approvisionnement.

Les Chilkat, un peuple autochtone vivant sur la côte de l’Alaska, étaient des
partenaires commerciaux des autochtones du nord.

Les Selkirk échangeaient des fourrures, des peaux et des vêtements contre des
objets provenant de la côte tels que les coquillages, l’ivoire de Morse, le
vermillon, la graisse de phoque, les palourdes séchées ou encore des algues
ainsi que des herbes et racines médicinales.

Au début des années 1790, les Chilkat ont apporté des objets obtenus des
Européens tels que des armes à feu, des couvertures de laine, du thé et du
tabac.

Fort Selkirk était devenu un véritable petit village et a duré pendant
plusieurs années, de 1790 jusqu’au début des années 1950.

Depuis toujours, Fort Selkirk était le noyau du transport et des communications.

Les pistes et cours d’eau permettaient aux autochtones de se déplacer sur leurs
immenses territoires.

Plus tard, une portion de la route d’hiver entre Dawson City et Whitehorse se
rendait à Fort Selkirk.

En été, les bateaux s’y arrêtaient.

L’arrivée de la liste télégraphique du gouvernement en 1899 a relié Fort
Selkirk au reste du monde.

Le premier avion y a atterri en 1922, et la construction d’une piste
d’atterrissage en 1938 a renforcé le lien entre Fort Selkirk et “l’extérieur”.

Lorsqu’en 1950, la route de Mayo fut terminée, les bateaux ont cessé de
naviguer sur le cours de la Yukon River et le bureau télégraphe a fermé ses
portes.

Les services communautaires en ont fait de même et les emplois ont disparu.

Les membres de la Première Nation Selkirk ont déménagé à Pelly Crossing, situé
sur la nouvelle route.

Pendant soixante ans, Fort Selkirk a été le lieu d’habitation des autochtones
Selkirk et des colons euro-américains (venus implanter une base militaire).

Les autochtones participaient à l’économie locale en travaillant en saison dans
les camps de bûcheron, en descendant des radeaux de bois de chauffage jusqu’à
Dawson City, ainsi qu’en faisant de la trappe, de la chasse et de la pêche à
des fins commerciales.

Ils ont beaucoup souffert des changements sociaux, des maladies et autres
problèmes liés à l’arrivée des Euro-américains à Fort Selkirk.

Toutefois, ils ont su s’adapter à ces changements et les deux peuples ont
réussi à vivre en harmonie pendant plusieurs années.

Tout comme leurs ancêtres, les autochtones parcouraient leur territoire une
partie de l’année.

Quand ils restaient à Fort Selkirk, ils vivaient généralement dans des tentes
ou de petites cabanes, pratiques et faciles à chauffer, tandis que les
Euro-américains construisaient habituellement des bâtiments plus grands et plus
permanents.

Les hivers rigoureux et l’isolement forçaient les gens à compter les uns sur
les autres, ce qui créait une communauté étroitement liée.

Aujourd’hui, Fort Selkirk est un lieu de rencontres moderne, qui permet aux
touristes et à d’autres voyageurs de faire connaissance avec les membres de la
Première Nation Selkirk.

Depuis 1984, le gouvernement du Yukon a investi dans la stabilisation et la
protection de Fort Selkirk.

La direction du patrimoine et la Première Nation Selkirk travaillent ensemble à
la préservation, au développement et à l’interprétation du site pour le bonheur
de tous les yukonnais et des visiteurs.

Danny Roberts, un autochtone né en 1934 à Fort Selkirk, a grandi sur ce site.

Après les années 1950, alors qu’ils étaient tous partis à Mayo ou Pelly
Crossing, lui, a préféré rester avec sa famille.

Ils vivaient de la chasse, de la pêche et de la trappe, comme leurs ancêtres le
faisaient jadis.

Fort Selkirk étant devenu un lieu historique (même si quelques personnes,
principalement les travailleurs du site, y vivent encore), le gouvernement a
proposé à Danny Roberts de rester vivre ici en échange d’effectuer des visites
guidées et des activités pour touristes durant l’été.Danny Roberts a accepté la
proposition et aura travaillé jusqu’à deux jours avant sa mort, en 2002. Il
s’est éteint à 68 ans.

Voici donc les bâtiments que nous avons visités sur le site de Fort Selkirk :

une cabane de trappeur euro-américain, le magasin général, l’église anglicane,
une école.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Nous ne visitons pas tous les bâtiments car nous avons trop chaud pour faire
quoi que ce soit. Qui aurait cru qu’il était possible de subir la chaleur au
Yukon ? Certainement pas moi ! [🙂]

De retour au camping, nous passons la soirée avec Norman, le jeune marié
canadien de 32 ans qui part en voyage pendant un an, seul, sans femme, ainsi
que Dominic, le jeune allemand de 20 ans.

Dodo à minuit et demi, nous sommes crevés de notre journée.

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Jour 408 : vendredi 04/08/2017

10ème jour de canoë

60 km parcourus

7h15 de navigation

La nuit a été difficile. Les chiens du site ont énormément aboyé et j’en
connais la raison quelques minutes après le réveil.

Alors que je me pose sur un banc et observe la rivière de si bon matin, je fais
la connaissance d’un monsieur originaire de Fort Selkirk. Il balade des jeunes
venus de Vancouver pour fêter un enterrement de vie de garçon sur la Yukon
River. Le tourisme est son business.

Cet homme, issu des Premières Nations Selkirk, me raconte que ses parents ont
vécu ici, à Fort Selkirk, et que son père, décédé l’année dernière à l’âge de
94 ans, lui a tout appris sur la rivière.

Et au fil de la conversation, il me demande si nous avons vu les superbes
aurores boréales durant la nuit, vers 2h du matin.

Mince ! Nous avons manqué ce spectacle.

Toutefois, nous comprenons mieux pourquoi les chiens ont aboyé sans cesse,
précisément au milieu de la nuit. Ils devaient sûrement être excités par les
aurores…

Avant d’embarquer, Guigui et moi partons à la découverte de l’église catholique
du site et du cimetière des Premières Nations.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

11h50, nous voici de nouveau à l’eau, prêts à affronter un vent de face,
rendant la navigation assez difficile.

Mais le soleil est bien présent et il suffit à faire notre bonheur.

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[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Une pause casse-croûte s’impose en milieu d’après-midi.

Nous repérons un premier campement sur lequel se sont déjà installés pas mal de
gens visiblement.

Avant de vérifier la place restante sur ce terrain, nous nous accrochons tant
bien que mal à une branche en bord de rivière et restons un bon quart d’heure à
observer un ours noir sur l’autre rive, et à écouter le bruit que fait un autre
animal dans les feuillages, juste derrière nous.

Est-ce un ours ? Un porc-épic ?

Nous attendons patiemment et prudemment que cette bête veuille bien se montrer.

L’animal fait tellement de rafus que nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une
grosse bête qui se cache derrière les feuilles.

Et bien non ! Tout ce remue-ménage n’est en réalité produit que par un
minuscule piaf ! [😁]

Ça ne valait certes pas autant d’efforts à rester accrochés à cette branche,
mais c’était rigolo de nous montrer si motivés pour observer la faune.

Nous parcourons au total 60 kms jusqu’à notre campement, et après avoir navigué
pendant sept heures, nous nous installons. Il est 19h45.

Quelques minutes avant d’accoster sur une île, nous apercevons un autre ours
noir sur l’île située juste avant celle sur laquelle nous allons rester pour la
nuit.

À vrai dire, il est plus blond que noir, mais assez gros malgré tout.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Installés sur le camp depuis presque une heure déjà, nous préparons le souper
quand soudain, nous entendons un énorme bruit venant des buissons derrière nous.

Qui voyons-nous remonter de la rivière ? L’ours blond pardi ! Celui-là même que
nous avons croisé une heure plus tôt depuis notre canoë.

Ce petit malin a traversé le bras de rivière pour nous rejoindre sur notre île.

Sur le moment, nous avons vraiment sursauté. Faut dire qu’un ours surgissant
des buissons à seulement cinq mètres de nous, ça fait un peu flipper…

Aussitôt, nous prenons la bombe à ours en main, juste au cas où, mais en
réalité, on dirait bien que l’ours a autant peur de nous que nous avons peur de
lui.

Tout comme nous, il ne devait pas s’attendre à rencontrer du monde sur cette
petite île, c’est pourquoi il choisit de continuer son chemin et de nous
laisser tranquille.

Chacun son espace, voilà ce qu’est le respect entre les êtres vivant sur cette
Terre.

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Jour 409 : samedi 05/08/2017

11ème jour de canoë

80 km parcourus

10h de navigation

Une fois n’est pas coutume, nous commençons notre journée tranquillement et ne
quittons notre camp qu’à 11h30.

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Niveau météo, nous sommes vraiment chanceux car une fois de plus, le soleil est
bien présent et le vent est quelque peu tombé par rapport à hier.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Cette expédition est vraiment fantastique et chaque jour qui passe, nous sommes
ravis d’avoir pris la décision de mettre un peu de piment à notre aventure
canadienne.

En après-midi, nous voyons deux orignaux au loin, dont un en train de prendre
un bain.

Que c’est beau d’observer la vie sauvage ! [🙂]

En fin de journée, nous nous arrêtons vers 20h pour souper, avant de reprendre
l’embarcation de soir.

A deux reprises, alors que nous cuisinons notre repas, nous entendons un énorme
bruit provenant de la rivière.

Serait-ce un poisson qui sauterait hors de l’eau ?

Et non ! Il s’agit plutôt d’un castor qui claque sa queue contre l’eau pour
faire savoir à ses compatriotes que nous sommes dans le coin.

Nous nous en approchons et l’observons en plein travail, à la construction d’un
abri.

Les castors sont fascinants ! Ils sont si intelligents et tellement bosseurs
également !

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Un peu avant 21h30, nous repartons en canoë, à la recherche d’un plus bel
endroit où camper.

Nous pagayons durant une heure et demie et 14 kms, le soleil droit devant nous.

C’est chouette aussi de pagayer en soirée. Les lumières sur les forêts et les
montagnes sont totalement différentes. Les paysages n’en sont que plus beaux et
plus mystérieux au coucher de soleil.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Au total, nous avons parcourus 80 kms aujourd’hui, notre record dans cette
expédition.

Nous voici désormais installés sur du sable. La nuit devrait donc être plutôt
confortable [😉].

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Jour 410 : dimanche 06/08/2017

12ème jour de canoë

78 km parcourus

9h30 de navigation

Encore une belle journée qui s’annonce. Nous embarquons vers 11h30 sous un
soleil de plomb.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Il fait tellement chaud que nous choisissons de nous laisser porter par la
rivière plutôt que de pagayer.

Alors comme nous n’avançons pas très vite, nous choisissons de faire la pause
casse-croûte sur le bateau afin de gagner un peu de temps.

Tandis que Guigui comate à moitié dans le bateau, prêtant toujours un peu
attention à la direction du canot, je réussis à pratiquer la sieste.

Quand je ne m’endors pas quelques minutes, je pense beaucoup à la suite de
notre voyage au Canada ainsi qu’à notre futur.

Il y a tellement de choses que nous aimerions faire, tellement de voyages que
nous voudrions réaliser que je me demande si nous aurons assez d’une vie… [🙂]

Bien que je sache pertinemment que c’est ridicule de penser à de tels projets
(car nous sommes les champions pour changer nos plans), j’aime me laisser
prendre au rêve de voyages et d’aventures.

Au cours de la journée, un ours noir nous sort de nos rêveries. Nous passons à
trois mètres de lui sans l’avoir anticipé plus tôt.

Nous le regardons, il nous regarde. Bref, nous nous observons mutuellement [😉].

Nous arrivons au croisement avec la White River, une rivière qui n’a rien de
blanc. Son eau est même très sale et très terreuse.

Désormais, il est certain que nous ne pourrons plus boire l’eau de la rivière,
même en la filtrant avec notre tissu. Il faut alors chercher les petits
ruisseaux qui se jettent dans le fleuve.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

En soirée, après le souper, nous réitérons la navigation au coucher du soleil
jusqu’à 22h30.

Nous ne nous lassons pas de ces belles lumières [🙂].

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[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]
[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Bilan de la journée, un peu moins de 10 heures passées dans le bateau et 78 km
parcourus.

Nous ne sommes plus qu’à 65 km de Dawson. Nous devrions y arriver demain.

Jour 411 : lundi 07/08/2017

13ème jour de canoë

55 km parcourus

5h45 de navigation

Whaou ! Nous avons vraiment bien dormi ! Si bien que nous nous levons tard et
quittons notre île vers 13h.

Nous prenons notre taboulé déshydraté dans le bateau et laissons la rivière
nous porter tranquillement.

[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Vers 19h, nous voyons un Ranger s’approcher de nous en bateau à moteur. Au
début, nous ne comprenons pas qu’il s’agit d’un ranger et nous nous disons :
“oh le con ! Pourquoi il fonce droit sur nous ? Il va nous faire chavirer !”

Mais très vite, lorsque je vois l’uniforme, je pense : “merde ! Nous ne portons
pas nos gilets de sauvetage, il va au moins nous le faire remarquer…”.

Mais il n’en est rien. Ce Ranger, nommé Gérard, est français. Nous
reconnaissons son accent [😉]. D’ailleurs, très vite, Guigui lui propose de
parler en français et moi je pense : “mais voyons p’tit cœur, ne le vexe pas,
nous ne portons pas nos gilets et il ne semble pas l’avoir remarqué…”.

Au fond, il l’a même sûrement remarqué mais, peut-être qu’il préfère ne pas
nous en tenir rigueur.

Gérard habite au Yukon depuis trente ans, et nous le reconnaîtrons un peu plus
tard dans la saison lorsque nous visionnerons le documentaire Échappées Belles
dans le Grand Nord canadien.

Il vient à notre rencontre pour savoir d’où nous venons et où nous pensons nous
arrêter pour la nuit.

Il nous raconte qu’il y a deux jours, il y a eu une “attaque” d’ours sur un
camp où nous avions failli nous arrêter camper, à Selwyn Station.

Un ours aurait tenté de pénétrer dans la tente d’un campeur.

Du coup, Gérard doit se rendre sur les lieux afin de poser des pièges et
capturer l’ours pour tenter de l’éloigner d’abord ou pour le tuer, s’il s’agit
d’un récidiviste.

Cela me met très en colère de savoir qu’un ours va être tué parce qu’un campeur
étourdi a très certainement laissé de la bouffe où je ne sais quel cosmétique
tel qu’un dentifrice ou un déodorant dans sa tente…

Évidemment, je peux imaginer à quel point cela doit être effrayant de faire
face à un ours, cet animal si imposant et impressionnant mais il ne faut pas
oublier pour autant qu’ils sont chez eux, sur ces territoires sauvages du
Yukon. Ils sont dans leur environnement et ce sont aux Hommes de faire
attention et d’adapter leur comportement en pleine nature.

C’est comme tous ces requins que l’on abat notamment à La Réunion alors que la
plupart du temps, ce sont des baigneurs ou surfeurs qui se mettent à l’eau en
zone interdite ou fortement déconseillée. Là encore, c’est l’Homme qui se
trouve sur le territoire du requin et non l’inverse.

Je me demande parfois si l’être humain mettra un jour un terme à son arrogance…
Visiblement, ce n’est pas gagné.

Alors que nous pensions arriver à Dawson ce soir, Gérard nous recommande
vivement, vu l’heure déjà tardive, de camper sur une île située non loin. Il
dit que le campement est vraiment chouette là-bas alors nous lui faisons
confiance et nous faisons bien.

En effet, le camp est superbe. Un bel emplacement pour la tente, un beau foyer
pour faire du feu, une magnifique vue sur la rivière. Bref, impeccable !

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[Canada – Celui qui pagayait sur la Yukon River (partie 3)]

Et aujourd’hui nous fêtons nos 15 ans de couple, nous nous préparons un superbe
festin déshydraté [🙂].

Nous profitons de notre dernière soirée en pleine nature. Demain, c’est retour
à la ville, si petite soit-elle.

Jour 412 : mardi 08/08/2017

14ème jour de canoë

10 km parcourus

1h30 de navigation

Une fois n’est pas coutume, nous quittons notre campement assez tard, vers
11h30, profitant jusqu’au bout de notre dernière terre d’accueil le long de la
Yukon River.

Nous ne sommes qu’à 1h30 de Dawson, notre destination finale de ce périple.
Point trop d’effort en ce dernier jour de navigation, nous nous laissons porter
par la rivière et profitons du soleil.

Mais à trop nous laisser bercer, nous somnolons et manquons presque d’accoster.

En effet, ce n’est que lorsque nous apercevons une maison puis une deuxième sur
le bord de la rive que nous nous redressons pour observer où nous sommes.

Au début, nous pensons : “non, nous ne sommes pas encore arrivés à Dawson,
c’est certain. Il y a bien plus d’habitations à Dawson que ces quelques maisons
que nous voyons dispersées ici et là”.

Mais très vite, alors que nous sommes de l’autre côté de la rivière, nous nous
rendons compte qu’il s’agit bien de Dawson City. Il y a de plus en plus de
maisons et nous apercevons ce gros bateau qu’est le SS Keno.

Vite ! Il nous faut pagayer jusqu’à l’autre rive si nous ne voulons pas manquer
le quai.

Et c’est en arrivant sur le rivage de Dawson City que l’eau change radicalement
de couleur, passant du sale et terreux de la White River au clair et limpide de
la Klondike River. Nous voyons à nouveau le fond.

Nous accostons. Ouf ! Un peu plus et nous allions en Alaska [🙂].

Il est 13h et nous sommes à Dawson City [🙂].

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