Jour 342 : mercredi 31/05/2017
Ce matin, nous roulons un peu moins d’une heure jusqu’à Jakes Corner et là,
trois routes s’offrent à nous : l’Alaska Highway qui continue jusqu’à Whitehorse
, la route 8 qui amène à Carcross et enfin la petite route 7 qui retourne en
Colombie Britannique jusqu’à Atlin son terminus.
Un village situé tout au bout d’une route, en Colombie Britannique mais
accessible uniquement depuis le Yukon, faut reconnaître que c’est tentant
d’aller voir ce qu’il se passe là-bas 🙂.
Arthur, lui, doit s’y rendre quoiqu’il arrive pour y retrouver l’amie d’une
amie. Et bien on a qu’à y aller tous les trois. Plus on est de fous et plus on
rit comme on dit 🙂.
Moins de 2h de route plus tard, nous voici arrivés à Atlin, un village
d’environ 400 habitants, également appelé “La petite Suisse du Nord”.
Le paysage qui s’offre devant nous à notre arrivée est exactement identique à
la photo du guide datant de 2011, et sans retouche.
Nous reconnaissons chaque coulée de neige. C’est absolument superbe 🙂.
Devant un tel décor, une pause déjeuner s’impose.
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
Puis nous nous rendons dans le café du village pour nous réchauffer autour d’un
bon chocolat chaud.
Nous discutons avec un vieux monsieur, enfin surtout Guigui et Arthur parce que
moi je ne comprends absolument rien de ce que raconte ce vieux monsieur.
Mais apparemment, il connaîtrait Andie, la fille qu’Arthur ne connaît pas
encore mais qu’il est supposé retrouver.
En fait, tout le monde connaît Andie ici, mais dans un si petit village, c’est
difficile de ne pas connaître tous ses habitants…
Une fois bien réchauffés, nous allons nous promener dans le village, à la
découverte de maisons toutes aussi charmantes les unes que les autres.
Nous sommes vraiment contents d’être venus voir ce qu’il se trouvait tout au
bout de cette route, un village super mignon avec une âme.
Ça nous change de toutes les villes et villages que nous avons traversés
jusqu’à présent au Canada.
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
Et c’est à nouveau l’heure de se réchauffer. Et oui, le printemps reste assez
frais dans le Nord 🙂.
Pour se faire, une bière et un billard pour Guigui et Arthur tandis que je me
repose dans la voiture.
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Et vient enfin la soirée où nous faisons la connaissance de cette fameuse
Andie, une véritable hippie plutôt surprenante.
Québécoise de 36 ans, elle a quitté sa vie de metteur en scène et réalisatrice
à Montréal pour aller vivre une vie beaucoup plus simple, en connexion avec la
nature, loin de la civilisation.
Depuis six ans, elle vit dans son van durant tout l’été, une voiture du même
gabarit que la nôtre, mais encore mieux aménagée.
Et l’hiver, elle se trouve un abri près du village d’Atlin.
Passer l’hiver dans le Grand Nord, cela signifie pour Andie, passer 8 mois
seule dans une cabane au fond du bois, en parfaite autonomie.
Plus nous discutons avec cette fille, et plus elle nous fascine, surtout moi je
dois bien le reconnaître.
Son mode de vie est certes un peu extrême en ce qui me concerne, mais je ne le
trouve pas moins intéressant et surtout, il me fait m’interroger sur pas mal de
choses.
Par exemple, elle n’a pas de compte en banque. Cela peut paraître vraiment
bizarre et surtout impossible dans notre société actuelle mais finalement,
c’est peut-être elle qui est dans le vrai. Avons-nous réellement besoin de
placer notre argent à la banque ? Et si le truc le plus bizarre était de nous
coller un compte bancaire dès notre plus jeune âge alors qu’on commence tout
juste à apprendre à lire et à compter ?
Pour vivre, Andie effectue différents travaux que l’on pourrait considérer
davantage comme des services rendus, qui lui sont payés en nourriture le plus
souvent ou en argent liquide.
Et pour vivre en parfaite osmose avec la nature, elle a appris à reconnaître
les plantes comestibles de la forêt boréale et les bienfaits que chacune
apporte à l’organisme, et s’en nourrit régulièrement.
Pour Guigui et moi qui croyons de plus en plus que l’autonomie et la sortie du
système économique actuel sont les seuls moyens de sortir l’humanité de
l’impasse dans laquelle elle se trouve actuellement, cette rencontre tombe
vraiment à pic dans notre réflexion.
Nous passons donc une excellente soirée sur le petit bout de terrain qui lui a
été prêté, dehors sous la bâche pour nous protéger de la pluie, à refaire le
monde, à discuter de choses et d’autres, dans la joie, la bonne humeur et sous
un ciel toujours un peu plus clair chaque soir, à mesure que nous nous
rapprochons du solstice d’été 🙂.
Jour 343 : jeudi 1er juin 2017
Aujourd’hui, Arthur, Guigui et moi-même laissons Andie vaquer à ses occupations
et partons tous les trois à la découverte du sentier Monarch Mountain, une
randonnée de 7 km aller-retour.
Une belle marche de 3h qui nous laisse découvrir un paysage nordique toujours
plus époustouflant à chaque fois.
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
De là-haut, nous avons une très belle vue sur Atlin Lake et sa montagne nommée
du même nom, Atlin Mountain.
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
De retour en fin d’après-midi dans le van de notre nouvelle amie Andie, nous
mangeons en guise de collation une petite salade et des œufs qu’Andie nous a
soigneusement préparée avec les ingrédients de chacun d’entre nous.
C’est bon de partager !
Et quelques heures plus tard, pour le souper, nous mangeons du saumon qu’un ami
d’Andie à pêché aujourd’hui et dont il lui a fait cadeau.
Quoi de meilleur qu’un bon saumon cuit au feu de bois…hummmm miam 🙂
Et nous passons de nouveau une belle soirée tous les quatre, à rire, discuter,
rire encore (à en pleurer même, merci Arthur pour ces larmes de joie). Bref, on
vit quoi ! 🙂
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
Jour 344 : vendredi 02/06/2017
Avant de quitter le village d’Atlin et sa merveilleuse habitante Andie, cette
dernière nous amène aux “Warm Springs”, les sources tièdes. Oui oui tièdes
parce que comparé à celles où nous sommes allés à Liard River, l’eau n’est
vraiment pas très chaude 🙂.
Au début nous pensions nous débarbouiller dans ces eaux tièdes mais après avoir
repéré quelques sangsues dans l’eau, nous avons aussitôt changé d’avis.
Depuis notre mésaventure thaïlandaise avec les sangsues, on dirait qu’on est
traumatisé par ces p’tites bêtes 🙂
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
Et enfin, elle nous amène remplir nos bidons d’eau et nos gourdes directement à
une source, où l’eau est d’une pureté sans appel.
Ça peut sembler tout bête mais c’est vraiment plus agréable de boire l’eau
d’une source.
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]
Sur le chemin retour pour Atlin, nous rencontrons sur notre route un superbe
porc-epique et apercevons un ours ! Mais pas n’importe lequel, un grizzly !
C’est le tout premier que nous voyons. Jusqu’à présent, ce sont des ours noirs
que nous avons vus sur le bord des routes.
Et bien, le grizzly est quand même différent. Beaucoup plus gros mais aux
oreilles plus petites, sa couleur tend davantage vers les marrons que le noir.
Il faut croire que nous ayons des difficultés à quitter Andie et son village
puisque nous faisons un dernier repas avec elle. Au menu, encore du saumon
frais, pêché la veille, accompagné de riz et de légumes, le tout avec une sauce
au curry.
Comme quoi ce n’est pas compliqué de bien manger même quand on n’est pas équipé
de cuisine 😉.
23h arrive et nous nous décidons enfin à quitter les lieux.
Andie aura été une belle rencontre dans ce voyage. Une femme inspirante et
pleine de sagesse.
Merci Andie ! 🙂
Notre prochaine étape sera Carcross, à environ 1h30 de route.
L’avantage avec ces jours qui rallongent et ce soleil qui ne se couche pas
avant 2h du matin, c’est qu’on peut conduire jusque très tard le soir.
Nous trouvons une fois de plus un bel endroit où passer la nuit, à environ 15
km avant Carcross.
Un endroit au milieu de nulle part, en pleine nature, sans réseau ni aucune
connexion internet.
Ahhhh ! Ça fait du bien aussi de déconnecter 🙂.
[Canada – Celui qui rencontrait une hippie]