Canada : Celui qui retournait en France

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Jour 74 : vendredi 02/09/2016

Notre objectif aujourd’hui : choper le bateau à Fortune qui nous conduira vers
l’Outre-Mer, et plus précisément sur l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Fortune étant situé à 365 km et 4h de route de Saint John’s, nous nous levons
de bonne heure à 8h car d’après nos informations, le départ du bateau est prévu
pour 15h.
Alors faut pas traîner !

Nous arrivons à 13h30 à Fortune. La billetterie ferme ses portes à 13h45, nous
avons encore le temps d’acheter nos tickets pour embarquer.
Comme dirait Guigui, on est large ! 😉

Nous achetons nos billets, un peu cher soit dit en passant (93$/personne) pour
seulement une heure de traversée, et payons 50$ pour les cinq jours de
stationnement de notre voiture sur leur parking (10$/nuit).
En effet, le bateau pour l’archipel n’embarquant aucun véhicule, nous n’avons
pas d’autre choix que de laisser notre mini-van sur leur parking surveillé
pendant toute la durée de notre séjour.

Une fois sur le parking, nous préparons nos sacs en quatrième vitesse (quelques
vêtements, la tente, le matériel de camping). Et oui, comme d’habitude nous
n’avons rien préparé à l’avance.
Et nous pouvons ensuite embarquer,direction la France 🙂.
Oui oui, il s’agit bien d’un petit morceau de France sur le continent
nord-américain.

Cet archipel, composé de trois principales îles : Saint Pierre, Miquelon et
Langlade (ces 2 dernières étant reliées par un isthme) et situé à 4300 km de
Paris, est une collectivité d’outre-mer qui dépend en grande partie de la
métropole.
Après plusieurs épisodes de conquête anglaise au cours du 18e siècle,
l’archipel est définitivement passé aux mains des français en 1815.
Sa population est majoritairement descendante des basques, des bretons, des
normands et des acadiens.
Aujourd’hui, près de 6000 habitants vivent sur l’archipel, la plupart installée
sur l’île de Saint-Pierre.
Pendant longtemps, Saint-Pierre-et-Miquelon a vécu essentiellement de la pêche
à la morue, mais devenue trop intensive, l’océan s’est quasiment vidé.
Des quotas de pêche ont alors été instaurés en 1992, provoquant une catastrophe
pour l’économie de l’archipel (mais une meilleure santé pour l’océan).
Depuis, Saint-Pierre-et-Miquelon tente de se relever grâce à l’industrie du
tourisme limitée aux mois d’été (juin-juillet-août), quand le temps est propice
aux randonnées et aux sorties en bateau.

En arrivant sur le bateau, j’ai les souvenirs de Thaïlande qui me reviennent
soudainement en tête (des vomitos en continu), et j’angoisse d’être malade
durant toute la traversée.
Le début du voyage se passe relativement bien mais une fois en pleine mer, ça
commence à remuer sur le bateau et dans mon estomac…
Hyper contractée à chaque mouvement de houle, Guigui me trouve le teint un peu
jaune…
Finalement, nous arrivons à bon port sans aucun dégât gastrique mais il était
temps qu’on arrive !

[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]

Le pied à Saint-Pierre, nous reconnaissons aussitôt la France par ses panneaux
de signalisation, et puis ici, tout le monde parle français ! 🙂

[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]

Nous nous rendons de suite à l’Office de tourisme situé juste en face du port.
N’ayant pas trouvé d’hébergement via couchsurfing, nous avons décidé de camper
pour économiser les nuits d’hôtel.
Et la bonne nouvelle, c’est qu’à Saint-Pierre, nous pouvons camper partout ! 🙂
En revanche, pour les douches, ça semble un peu plus compliqué car il n’y a
aucune douche publique et la piscine municipale est actuellement fermée pour
cause de travaux.
Toutefois, nous aurions éventuellement la possibilité de nous laver au centre
de voile.

Après avoir pris toutes les informations nécessaires notamment sur les
activités à faire sur l’archipel, nous discutons un moment avec les deux jeunes
filles de l’Office de tourisme.
L’une est étudiante en métropole à Lille car à Saint-Pierre-et-Miquelon, il n’y
a rien après le lycée, donc les jeunes partent très souvent seuls pour étudier
en France. Certains restent en France après leurs études, tandis que d’autres
reviennent vite sur l’île.
La deuxième jeune fille, elle, est d’origine alsacienne mais ses parents sont
venus s’installer sur un coup de tête à Saint-Pierre-et-Miquelon quand elle
avait 10 ans.
Ses études, elle a la chance de les suivre à distance.
C’est la fac de Nancy qui lui envoie les cours de sa licence en littérature
anglaise. De plus elle a également la chance de pouvoir passer ses partiels
directement sur l’île alors qu’en général, les jeunes doivent passer leurs
examens en France, et c’est quand même 1500€ le billet d’avion aller-retour.
En discutant avec ces deux jeunes filles, nous ressentons leur profond
attachement pour leur île et c’est chouette que la jeunesse fasse tout son
possible pour vivre ici. Cela évite que le territoire ne devienne un village
fantôme.

Après ces intéressantes discussions avec ces demoiselles, nous faisons une
petite promenade dans le centre-ville.
Le temps est un peu gris et frais à 18h mais le charme du village est bien là.
Ambiance et culture définitivement françaises sur fond de maisons en bois
colorées typiques du continent nord-américain, avec ce qu’on appelle les
tambours, ces petits halls d’entrée qui permettent d’isoler davantage du froid
pendant l’hiver.
Et oui, Saint-Pierre-et-Miquelon a beau être un territoire outre-mer, ce n’est
pas le même climat qu’aux Antilles 🙂.

[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]

L’île, certes petite et perdue en Amérique du nord loin de la France, bénéficie
pourtant de toutes les commodités : les écoles jusqu’au lycée, la bibliothèque,
les restos, les bars, la poste, les épiceries dont une Biocoop, le supermarché,
un mur de pelote basque, etc… C’est vraiment chouette ici 🙂.

[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]

Suite à notre promenade en ville, nous nous rendons au restaurant Le Chat
Luthier, tenu par Jean-Guy, un Saint-Pierrais à qui nous avons fait une demande
de couchsurfing.
Sa maison étant en travaux, il ne peut malheureusement pas nous héberger mais
nous a demandé de passer le voir au resto pour que l’on puisse faire
connaissance.
Âgé de 44 ans, Jean-Guy est super sympa et semble avoir pas mal baroudé.
De plus, il tient son restaurant à merveille. Proposant d’excellentes pizzas
cuites au feu de bois et les seuls sushis de l’île, le lieu semble très
apprécié de la population locale comme des touristes.
Installés au comptoir à sushis, nous passons la soirée à discuter avec
Jean-Guy. Il nous raconte notamment la vie sur l’archipel, les choses à faire
et à voir absolument.
Et puis, de le voir préparer des makis, ça nous ouvre l’appétit alors nous nous
apprêtons à passer une commande quand il nous dit : “non non, c’est pas vous
qui choisissez, je vais vous en faire goûter plusieurs”.
Et c’est comme ça que l’on se fait offrir un super repas composé d’une douzaine
de sushis chacun 🙂.
Et pas n’importe quels sushis ! Sûrement les meilleurs que nous ayons mangés de
toute notre vie !
Au saumon, au thon, aux légumes mais surtout au homard et aux Saint-Jacques ! 😋
Nous qui n’avions jamais mangé de Saint-Jacques crues, nous nous sommes régalés
! Ça fond dans la bouche !

[Canada : Celui qui retournait en France]

Ici à Saint-Pierre-et-Miquelon, il faut savoir que le homard et les
Saint-Jacques coûtent dix fois moins cher qu’en métropole car pêchés
directement au bord des îles.
Du coup, ils ne s’en privent pas et ils ont bien raison !

C’est une excellente soirée que nous venons de passer en compagnie de Jean-Guy
et sa compagne Anaïs, prof de musique et yoga, qui l’aide aussi à préparer les
sushis dans les moments de rush.

Vers 22h30, Jean-Guy nous conduit sur les hauteurs de la ville de Saint-Pierre
et nous dépose à l’Anse Saint-Pierre, un endroit sympa où camper pour la nuit.
À cette heure-ci, difficile de voir la superbe vue sur la ville que nous promet
Jean-Guy, mais c’est déjà super beau de voir toutes ces lumières.

[Canada : Celui qui retournait en France]

C’est à la frontale et sous la pluie que nous installons notre tente.
Pas top en terme d’humidité mais nous commençons à avoir l’habitude, il pleut
toujours pour notre première nuit en tente 🙂.

Jour 75 : samedi 03/09/2016

Aujourd’hui, c’est notre anniversaire de mariage. Cinq ans déjà !
Et c’est avec d’énormes poches sous les yeux que nous nous réveillons en fin de
matinée, car nous avons très mal dormi.
Un peu froid à cause de l’humidité et très mal au cou…
Bref, nous attendons que le soleil se montre pour sortir de la tente et mettre
nos affaires à sécher.

[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]
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C’est en tenue hyper sexy (caleçon de nuit et chaussettes en laine) que nous
observons la superbe vue sur la ville (Jean-Guy ne nous avait pas menti) et
faisons la connaissance de Frédéric, un français originaire du Nord Pas de
Calais, venu à Saint-Pierre-et-Miquelon pour un job de trois mois.
Ancien prof de maths, il est désormais le Mr Météo de l’archipel et travaille
pour Météo-France.
Installé sur l’île depuis trois semaines, il se balade tout le temps à pieds ou
à vélo et ce matin, il est venu voir la ville depuis les hauteurs, et observer
le ciel pour ses précisions météo.
Nous discutons un moment avec lui, et de fil en aiguille, il en vient à nous
proposer de passer la nuit chez lui si l’on veut dormir plus au chaud.
Trop gentil ce monsieur ! 🙂

Le programme de la journée était initialement d’aller à la cueillette des
bleuets avec une jeune habitante de l’île de Saint-Pierre.
Ne pouvant malheureusement pas nous héberger en couchsurfing, elle nous avait
proposé de l’accompagner à la cueillette.
Notre but étant de rencontrer des locaux, nous avions accepté, mais ne sachant
pas à quelle heure elle comptait s’y rendre et n’ayant ni internet ni réseau
téléphonique avec nos forfaits canadiens, il est difficile de s’organiser.
Du coup, nous préférons passer l’après-midi à nous balader dans la “montagne”
située juste au-dessus de notre campement.

[Canada : Celui qui retournait en France]
[Canada : Celui qui retournait en France]
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La balade est censée être assez courte mais en chemin, nous faisons la
connaissance d’un couple de retraités, tous deux natifs de Saint-Pierre aux
origines principalement Basques. Nous discutons avec eux pendant plus d’une
demi-heure !
Ils sont vraiment gentils. Nous aimons beaucoup les écouter nous décrire la vie
ici.

Après cette agréable discussion avec ce couple, nous continuons la balade qui
nous donne un joli point de vue sur les falaises de Langlade, la partie basse
de l’île de Miquelon.

[Canada : Celui qui retournait en France]
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[Canada : Celui qui retournait en France]
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De retour à notre tente vers 18h, nous plions bagage et retournons en
centre-ville pour réserver un resto pour notre anniversaire de mariage.
Ça faisait longtemps que nous n’avions pas baroudé avec tous nos sacs 🙂.

[Canada : Celui qui retournait en France]

Pour célébrer notre cinquième année de mariage, nous avons choisi de dîner au
Feu de Braise, un resto typiquement français.
Et alors que nous nous apprêtons à rentrer pour réserver, nous faisons la
connaissance de Jean-Paul, le musicien du groupe qui joue dans le bar situé au
rez de chaussée du resto, et qui s’avère être aussi le cousin de Jean-Guy 🙂.
On discute un moment avec lui. Il nous dit qu’ici ce n’est pas un luxe de
manger du homard et des Saint-Jacques, c’est même plutôt courant car ça ne
coûte vraiment rien ici.
À force de parler, il nous dit qu’il nous hébergerait bien mais il vit un peu
plus loin du centre-ville, donc c’est à nous de voir.
Sans blague, on se croirait à l’émission “J’irai dormir chez vous”, ou plutôt
“Venez dormir chez moi”.
Nous n’avons même pas besoin de demander l’hospitalité. Les gens sont
naturellement hyper accueillants et gentils.
C’est vraiment agréable.

Ayant déjà un hébergement chez Mr Météo, nous déclinons sa proposition mais le
remercions grandement pour sa gentillesse.

Le resto réservé, nous allons chez Frédéric rencontré ce matin, pour y déposer
nos affaires, prendre une douche et l’apéro avant d’aller dîner.
Un petit moment à discuter avec Fred et nous repartons aussitôt au resto. Fred
nous rejoindra au bar plus tard dans la soirée.

Au resto, nous nous faisons plaisir et nous régalons. Ce qui nous change de
Terre-Neuve !
D’ailleurs, ici, tout le monde est d’accord pour dire que la nourriture est
juste ignoble sur l’île de Terre-Neuve.
Au menu de ce soir, j’opte pour les tagliatelles aux Saint-Jacques et
crevettes, sauce pesto, tandis que Guigui choisit le magret de canard à la
mangue accompagné de pommes de terre sautées.
Et au dessert, une crème brûlée vanille et une mousse au chocolat 😋.

[Canada : Celui qui retournait en France]

Nous avons tellement eu de difficultés à manger correctement à Terre-Neuve que
nous avons l’impression d’avoir quitté la France depuis des mois…
La bouffe française, c’est définitivement ce qui nous manque le plus quand nous
partons à l’étranger 😉.

Après ce succulent repas, nous retrouvons Fred au bar situé juste en dessous du
resto.
Autour d’un verre, nous écoutons un groupe (le Voodoo Child) jouer et
interpréter des reprises de tout genre.

[Canada : Celui qui retournait en France]

Et un peu plus tard dans la soirée, nous apercevons Gaston, un monsieur que
nous avons rencontré hier soir au restaurant Le Chat Luthier.
Gaston est un phénomène sur l’île, un véritable coureur de jupons 🙂.
Âgé de 77 ans, il n’a pas couru qu’après les jupes.
En effet, il a remporté quelques marathons et autres courses.
Très sportif, il a également joué au foot et au hockey. Il a aussi entraîné la
boxe.
Aujourd’hui, il soigne les sportifs, leur fait des massages.
Il est marrant Gaston. Descendant d’une famille Basque, il est un bon vivant,
un français typique.
À force de discuter, il est déjà 1h du matin et Gaston nous propose de venir
chez lui pour nous montrer sa maison, vieille d’avant 1826, ainsi que tous ses
trophées.
Il est vraiment génial ce Gaston ! 🙂

[Canada : Celui qui retournait en France]

Couchés à 2h du matin chez Fred, la nuit va être courte car demain matin, nous
prenons le bateau pour Langlade…
En attendant, c’est bon de dormir dans un vrai lit ! Et la couette est si
confortable ! 🙂

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