Canada/USA – Celui qui montait dans le train des chercheurs d’or

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Jour 657 : samedi 19/05/2018

Après avoir effectué une bonne semaine de travail, le temps est venu de
profiter du weekend.

Et pour se faire, nous retournons à Skagway, petit village du sud-est de
l’Alaska, que nous avons visité il y a déjà trois semaines de cela.

Mais ce weekend, c’est en compagnie de notre amie Emmanuelle que nous partons à
la découverte de la White Pass and Yukon Route, cette fameuse voie de chemin de
fer qui servit, du temps de la Ruée vers l’or, de moyen de transport alternatif
aux prospecteurs qui en avaient les moyens.

La construction de cette voie ferrée à l’intérieur même de la montagne coûta
dix millions de dollars, une somme astronomique pour l’époque.

Le col White est un véritable défi pour une locomotive : une distance totale de
177 km à parcourir avec 914 mètres de dénivelé sur une portion de 32 km, soit
un gain d’altitude assez élevé en seulement vingt minutes.

Il aura fallu trois milles travailleurs et quatre cent cinquante tonnes
d’explosifs pour venir à bout de cette construction. Un projet d’une durée de
deux ans qui prend fin en même temps que la folie de l’or en 1900.

Ça valait la peine de fournir tant d’efforts !

Du coup, le train a servi ensuite de transport des denrées qui devaient entrer
au Yukon, puis à alimenter les mines du Yukon en matériaux jusqu’à
l’effondrement de cette industrie en 1980.

Aujourd’hui, le service entre les villes de Carcross et de Skagway est
uniquement utilisé pour transporter des visiteurs tels que nous, à la
découverte de cette route historique.

Le train pénètre dans deux tunnels, traverse de nombreux ponts dont quelques
uns à chevalet, et croise glaciers, chutes d’eau et montagnes tout au long du
parcours.

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Comme pour toute attraction touristique, les billets de ce train mythique sont
assez chers. Environ 125$ pour n’effectuer qu’une partie du parcours, celle que
nous découvrirons très bientôt de Skagway jusqu’à Fraser, le poste frontière
avec le Canada.

Mais comme nous gardons toujours les oreilles grandes ouvertes quand il s’agit
de bénéficier de bons plans, nous avons acheté ces mêmes billets de train pour
seulement 40$ chacun à l’occasion du weekend Victoria annonçant l’ouverture
officielle de la saison estivale [smiley].

A ce prix-là, nous sommes contents d’emprunter la voie de chemin de fer de la
Ruée vers l’or [smiley].

Mais cette expérience-là, nous la vivrons demain matin. Pour le moment, nous
profitons des beaux paysages que nous offre les deux heures et demi de route
qui amène à Skagway, sous un soleil absolument radieux.

A peine avons-nous quitté la ville de Whitehorse que nous croisons rapidement
sur la route deux énormes grizzlys ! Whaou ! Le weekend commence bien [smiley].

Une fois arrivés en Alaska, nous nous accordons une petite pause le temps de
manger un casse-croûte et d’apprécier les paysages sous la chaleur printanière
que nous avons tant attendue. Que ça fait du bien de se découvrir ! [smiley]

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Nous arrivons à Skagway et profitons des services de pompiers qui proposent de
nettoyer les véhicules des usagers en échange d’une donation.

Ça tombe bien parce que notre mini-van est super cra-cra [smiley].

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Avec Emmanuelle, nous sommes toutes excitées à l’idée que des beaux pompiers en
salopette super sexy passent le jet d’eau sur la voiture, mais malheureusement,
nous devrons nous contenter d’un vieux monsieur barbu. Nous redescendons un peu
de notre nuage [cheeky].

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Nous essayons tant bien que mal de nous rabattre sur le fantasme des femmes
pompiers mais là, Guigui est tout autant déçu qu’Emmanuelle et moi-même. Pas
super sexy les gonzesses…

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Enfin bref, au moins la voiture est toute propre et c’est bien ça l’important.
On en avait oublié sa couleur grise d’origine [smiley].

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Nous poursuivons la journée par une petite marche en ville, toujours sous un
ciel sans nuage.

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L’après-midi se poursuit avec une balade qui combine deux petites randonnées :
la boucle du lac Lower Dewey et Sturgill’s Landing.

Le sentier qui fait le tour du lac Lower Dewey s’effectue principalement en
forêt offrant, de temps à autres, de jolis points de vue sur la ville et le
port de Skagway.

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Le printemps est bien là, les écureuils sont de nouveau de sortie, les
pagayeurs de canoë et de paddle board également [smiley].

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Arrivés au bout de la première longueur du lac Lower Dewey, nous continuons sur
notre droite sur le sentier Sturgill’s Landing qui traverse une forêt
d’épinettes.

Le sentier est plutôt agréable et nous prenons petit à petit un peu de hauteur.

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Tandis qu’Emmanuelle et moi prenons notre collation sur un rocher offrant un
beau panorama, Guigui va jeter un œil rapidement du côté de la plage qui n’est
plus qu’à une petite descente de notre rocher.

D’après lui, la jolie table de pique-nique au bord de l’eau permet d’apprécier
la chouette vue sur les montagnes, mais elle ne vaut pas la vue depuis les
hauteurs sur le rocher.

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Nous restons donc une bonne demi-heure sur ces hauteurs à grignoter et nous
reposer au soleil.

Puis, nous rebroussons chemin et arrivés de nouveau à l’intersection entre la
rando Sturgill’s Landing et le tour du lac Lower Dewey, nous poursuivons notre
marche sur la deuxième partie du lac Lower Dewey.

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Au total, nous aurons marché 15 km pendant cinq heures.

Il est temps de rentrer en centre ville pour y prendre un apéro [smiley]

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Ensuite nous nous préparerons un bon repas dans le van que nous stationnons
dans le camping de Dyea pour la nuit, à environ trente minutes du centre-ville
de Skagway.

Beaucoup de monde en ce premier weekend estival. C’est également d’ici que part
le sentier du trek Chilkoot, autrefois emprunté par les chercheurs d’or qui se
rendaient jusqu’au col White à pieds avec énormément de matériel à traîner pour
atteindre la frontière avec le Canada.

Nous finissons par nous trouver une place où stationner notre van et planter la
tente pour Emmanuelle.

Dodo vers 23h. Nous sommes crevés et demain, nous devons nous lever très tôt
pour découvrir la légendaire voie ferrée de la ruée vers l’or.

Jour 658 : dimanche 20/05/2018

Ce matin, nous quittons le camping un peu avant 7h. C’est tôt !

Nous retrouvons Kelly et son copain Jake en centre ville. Je suis contente que
ma copine Kelly nous accompagne dans cette expérience [smiley].

7h40, nous montons dans le bus qui nous conduit jusqu’à la gare, située
vraiment proche.

Nous sommes tout excités de prendre ce train !

Un agent nous indique dans quel wagon monter car les résidents canadiens ne
sont visiblement pas mélangés avec les résidents américains. Sûrement à cause
du passage de frontière…

Nous supposons également que les voyageurs ayant payé leurs billets au rabais
ne sont pas mélangés avec ceux qui ont payé plein pot…

Nous sommes très peu nombreux dans le wagon, seulement huit personnes dont
notre propre groupe de cinq qui se compose de Guigui, Emmanuelle, Kelly, Jake
et moi-même.

Avoir quasiment le wagon rien que pour nous suffit à faire notre bonheur de la
journée [smiley].

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Tchou Tchou ! Le départ est annoncé.

En route sur le chemin de nos ancêtres chercheurs d’or.

La météo n’est pas du tout ensoleillée comme l’a pu l’être la journée d’hier
mais les nuages ne gâchent pas pour autant le voyage. Au contraire, ils le
rendent d’autant plus mystique.

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Guigui et Kelly sont à fond en train de prendre des photos depuis le pont du
wagon. On ne les arrête plus ! [smiley]

Emmanuelle et moi préférons rester au chaud et contempler depuis la fenêtre les
paysages qui défilent sous nos yeux.

C’est tellement beau !

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Je partage avec Emmanuelle le sentiment que j’éprouve à ce moment précis où je
me rends compte que je suis en train voyager sur une voie ferrée du Grand Nord,
en Alaska, terre lointaine jadis foulée par des rêveurs aventuriers en quête de
richesse, le sentiment qui me rappelle que nous avons quand même une belle vie.

« Hey Manue, on a quand même une belle vie hein ? »

Elle me regarde et me sourit pour me confirmer que oui, on a une très belle vie.

Pour moi, petite française issue d’un milieu populaire, c’est assez
extraordinaire de me retrouver si loin de chez moi, au Yukon ou en Alaska,
territoires connus pour son environnement hostile et difficile, tant par la
faune que par le climat.

Et de voir quotidiennement des paysages si beaux, il y a de quoi se montrer
reconnaissant envers la vie [smiley].

Bien que ce voyage soit malgré tout très touristique (et encore, nous ne sommes
qu’à la basse saison), il n’en reste pas moins fantastique.

Toute cette nature qui nous entoure ! Ces montagnes et ces chutes d’eau ! C’est
tellement beau, et encore si intacte !

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Le passage dans ces deux tunnels ou encore sur ces nombreux ponts nous font
prendre conscience des prouesses qu’ont accomplies tous ces hommes en
construisant cette voie ferrée. C’était il y a un peu plus d’un siècle ! Les
moyens et les conditions n’étaient définitivement pas les mêmes qu’aujourd’hui.

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Plus nous prenons de l’altitude et plus il fait frais. Le ciel de couvre
davantage de nuages. A mesure que nous approchons du col White, le paysage
devient de plus en plus blanc.

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Et puis enfin, nous arrivons au col White qui marque la frontière entre les
États-Unis (l’Alaska) et le Canada (la Colombie Britannique), à 900 mètres
d’élévation.

Ça caille ! Mais c’est tellement beau !

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Après environ deux heures de voyage en train, nous arrivons à Fraser, la
frontière avec la Colombie Britannique au Canada, petit bout de province
coincée au nord entre le Yukon et l’Alaska.

Tout le monde descend et un contrôle d’identité et de passeport est effectué.

La pause n’est pas très longue, une petite demi-heure, et alors que certaines
personnes restent à la frontière pour certainement poursuivre leur voyage en
direction de Bennett, nous remontons à bord pour effectuer le chemin inverse
jusqu’à Skagway.

Au retour, les passagers sont beaucoup plus nombreux dans notre wagon, et ils
ne semblent pas apprécier comme il se doit leur voyage sur les traces des
chercheurs d’or. Ils font la gueule !

L’expérience est pourtant chouette et ce n’est pas tous les jours que l’on
découvre une route historique !

C’est à croire qu’aujourd’hui, les gens sont blasés de voir trop de choses
merveilleuses…

Cela n’empêche pas notre petit groupe de déborder de bonheur.

Avec Emmanuelle et Guigui, nous faisons un peu les foufous dans le train,
attitude qui s’explique certainement par la fatigue qui commence à se faire
ressentir.

Nous pensons très fort à Julien, le copain d’Emmanuelle et notre ami, rencontré
au Yukon, reparti le mois dernier en France pour de nouveaux projets.

Nous aurions tellement aimé partager cette expérience avec lui que nous
décidons de faire des petites vidéos de nos rigolades en son honneur [smiley] (
à la fin de la vidéo).

De retour vers midi à Skagway, nous mangeons tous les cinq dans LE restaurant
thaï de la région, réputé comme excellent.

Réputation confirmée. Pour avoir passé une année en Asie lors de notre premier
voyage au long cours dont trois mois en Thaïlande, nous pouvons effectivement
affirmer que les plats sont préparés comme là-bas. Le pad thaï est excellent et
le curry d’Emmanuelle est épicé comme je l’aime.

Un bon et riche repas qui nous réchauffe et nous fatigue davantage que nous ne
l’étions déjà.

Tandis que Kelly et Jake s’en vont passer l’après-midi à pêcher, sous la pluie,
Guigui, Manue et moi préférons quitter le mauvais temps du “Finistère
américain” (le climat est pas mal le même, oui oui) et reprendre la route en
direction de Whitehorse.

Une petite pause s’impose à Carcross où nous faisons une courte sieste dans le
van. Comme ça fait du bien ! [smiley]

Sur la route entre Carcross et Whitehorse, nous apercevons de nouveau un ours,
énorme et superbe.

Heureusement que nous étions en voiture car il nous a bien impressionné quand
il s’est mis debout pour mieux nous jauger… [🤔]

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De retour à Whitehorse vers 19h, nous sommes crevés mais contents d’avoir passé
un super weekend entre amis sur les traces des chercheurs d’or.

Dans le fond, peu importe où l’on se trouve, on passe toujours des bons moments
quand on est entouré de ses amis [wink].

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