19 février
Aujourd’hui, c’est en compagnie de Fred et Fanny que nous faisons le voyage de
quatre heures jusqu’à Vang Vieng, dans un bus hyper touristique !
Pas un seul local dans le bus, seulement des touristes australiens en groupes
organisés.
On s’inquiète un peu de l’ambiance que l’on va trouver une fois sur place…
La région de Vang Vieng aux spectaculaires paysages calcaires, était ces
dernières années, surtout réputée comme LA destination où faire la fête au Laos.
En effet, certains lieux de la rivière Nam Song étaient devenus de véritables
parcs d’attractions ou encore des endroits parfaits pour des rave party.
C’est dans cette région que l’on comptait le plus grand nombre d’Australiens
morts au monde !
L’alcool et les drogues coulant à flots, les touristes se tuaient au lendemain
de soirées bien arrosées en pratiquant le tubing (activité aquatique avec
bouée) ou des sauts en balançoire dans la rivière.
Fort heureusement pour nous, les temps ont changé. Le gouvernement laotien a
décidé un jour de mettre fin à cette débauche en brûlant les endroits où
avaient lieu les drames.
Depuis environ un an maintenant, Vang Vieng est redevenue une ville paisible,
pour notre plus grand plaisir.
Très facile de trouver un hébergement libre et bon marché, tous les hôtels et
guesthouses sont vides !
Une fois l’hébergement trouvé pour 60 000 kips (moins de 6€), nous
réfléchissons à notre durée de séjour dans cette région et à la suite de notre
parcours au Laos.
On revoit notre façon de nous déplacer entre les villes et on se dit qu’on se
remettrait bien au stop. Ça fait longtemps qu’on n’en a pas fait et ça nous
manque un peu…
Après le repos et la réflexion, nous partons marcher dans les alentours,
accompagnés de Fred et Fanny.
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Petite balade à travers champs jusqu’à l’entrée d’un sentier menant à un point
de vue…payant 🙁
20 000 kips par personne (un peu moins de 2€). Une fois de plus, ça nous embête
de payer pour marcher jusqu’à un point de vue.
Le type qui vend les billets pour la randonnée insiste en nous disant que ce
n’est rien pour nous, qu’on a de l’argent et qu’on peut payer.
Je crois que le moment est venu de faire une petite mise au clair avec ce jeune
homme.
Je lui confirme qu’en France, on gagne plus d’argent que les laotiens, c’est
vrai.
En revanche je tente de lui faire comprendre que nos dépenses sont bien plus
élevées et surtout qu’on ne paye pas pour marcher en forêt.
Je lui explique que les prix sont pour tout le monde pareil et que si un jour
il veut faire de la randonnée en France, ce sera gratuit, qu’il n’aura pas à
payer pour marcher.
Le jeune homme ne me croit pas. Tant pis, nous faisons demi-tour.
La fin de journée approche et vers 18h, notre estomac crie déjà famine. Nous
partons donc à la recherche d’un petit resto.
Nous en trouvons un près de notre hébergement, bon et pas cher, et qui nous
offre systématiquement des bananes en dessert.
Ce sera notre cantine pour toute la durée de notre séjour.
Soirée tranquille à faire du blog et matage de film 🙂
20 février
Aujourd’hui nous nous levons ni trop tôt ni trop tard, vers 8h. Nos compagnons
de voyage Fred et Fanny semblent être du même style que nous, à savoir de
vraies marmottes le matin. Ce qui nous convient très bien 😛
Nous louons une moto pour 30 000 kips (moins de 3€). La moins chère que nous
ayons eue jusqu’à présent au Laos, et la moins douloureuse pour le cul-cul 😉
C’est donc cheveux dans le foulard (parce qu’au vent ils sont tout emmêlés) que
nous partons explorer la belle région de Vang Vieng.
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Premier arrêt pour Fred et Fanny à la grotte Tham Khan. L’entrée est payante,
20 000 kips (moins de 2€).
Nous ne les accompagnons pas pour deux raisons.
La première est qu’on a déjà vu pas mal de grottes lors de notre circuit à moto
dans le centre du pays vers Tha Khaek, et on a envie de voir d’autres choses.
La deuxième raison est que cette grotte est fortement déconseillée aux
claustrophobes. Comme je ne suis pas des plus à l’aise dans les lieux sombres
et étroits, nous préférons quitter nos compagnons de voyage et les retrouver
plus tard dans la balade.
Nous reprenons la route jusqu’à un petit village et garons la moto pour marcher
jusqu’au sommet de Pha Ngeun, d’où l’on découvre une vue spectaculaire sur les
environs.
Dans le Lonely Planet, il est indiqué que la balade est payante (10 000 kips)
et qu’il faut donner l’argent à des enfants.
Nous sommes assez choqués de lire qu’un tel guide cautionne le travail au black
des enfants dans le tourisme. A cette heure-ci (il est environ 10h), ils
devraient être à l’école avec leurs camarades.
Fort heureusement, à notre arrivée un adulte est présent pour réceptionner
l’argent.
Et oui, nous nous sommes résignés à payer pour randonner, autrement on ne fera
rien…
Au départ de la balade, trois enfants nous proposent de nous accompagner en
tant que guide. Évidemment nous refusons car il n’est pas question de payer des
enfants pour guider des touristes. D’autant que la balade est relativement
facile à suivre.
En revanche, je m’interroge sur leur absence en classe car dans le village,
nous sommes passés devant une école, avec plein d’enfants dans la cour de
récréation.
Du coup, je demande au plus vieux qui doit avoir 10 ans et baragouine quelques
mots d’anglais, pourquoi il ne va pas à l’école.
Dès lors que je prononce le mot « school », ce jeune garçon baisse les yeux, fait
un peu la moue et un triste non de la tête.
Je ressens comme un malaise. J’ai l’impression d’avoir touché un sujet sensible.
L’enfant se referme et ne me parle plus, Guigui me demande de le laisser
tranquille alors nous reprenons le chemin de notre randonnée.
Nous avons eu le sentiment que ce gamin aurait bien aimé aller à l’école mais
que pour des raisons que nous ignorons, il ne peut y aller.
Est-ce parce que l’école est payante ? Si c’est le cas, nous trouvons cela
inadmissible venant d’un pays communiste très pauvre…
Mais peut-être est-ce tout simplement parce que ses parents préfèrent qu’il
gagne de l’argent pour faire vivre la famille ?
Nous avons déjà vu des parents nous montrer du doigt à leurs enfants, parfois
très jeunes, pour qu’ils nous réclament bonbons, stylos ou argent.
Nous n’avons malheureusement pas la réponse…
L’ascension d’une petite demi-heure jusqu’au point de vue est assez rude mais
la balade est vraiment très agréable et la vue est à couper le souffle.
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Après avoir repris des forces au sommet, nous effectuons la même randonnée dans
le sens inverse et redescendons jusqu’au village, où nous croisons un couple de
touristes se faire accompagner par des écolières pendant leur pause déjeuner
🙁
Nous roulons de nouveau jusqu’à un village lao, notre point de rendez-vous avec
Fred et Fanny. On s’était mis d’accord pour attendre l’autre couple jusqu’à
12h45, le temps à chacun d’arriver.
A 12h55, toujours personne. On s’en va donc manger dans un écolodge pas cher,
situé tout près du célèbre lagon bleu.
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Nous y faisons la connaissance d’un autre couple français avec qui nous
sympatisons et retrouvons peu de temps après et complètement par hasard, Fred
et Fanny qui se sont perdus sur la route… 🙂
Nous pensions faire un tour à la grotte Tham Phu Kham et nous baigner dans le
lagon bleu mais vu le nombre de motos et vélos stationnés à l’entrée, nous
préférons remettre cette activité à demain, tôt le matin ou en fin de journée.
Tandis que Fred et Fanny se rendent au point de vue que nous sommes allés voir
ce matin, nous poursuivons notre balade à moto, à travers des villages tous
aussi chaleureux les uns que les autres.
Les habitants, et surtout les enfants, que l’on voit marcher ou pédaler sur le
bord de la route nous saluent toujours d’un agréable « sabaidee ! »
La route, parsemée de trous à certains endroits, n’est pas de tout repos mais
les frayeurs qu’elle nous apporte nous font bien rigoler.
Laos : Balade à moto à Vang Vieng from Jenni et Guigui on Vimeo.
Nous rentrons en fin d’après-midi sur Vang Vieng et passons cette fin de
journée tranquillement à la terrasse de notre guesthouse.
Pour le dîner, nous retournons à notre cantine, toujours en compagnie de nos
nouveaux copains 😉
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21 février
Aujourd’hui, on se la joue tranquille ! Comme souvent nous direz-vous, mais que
voulez-vous, on s’est mis au rythme des laotiens.
No stress ! On prend le temps de vivre et c’est une philosophie de vie qui nous
convient bien.
Nous passons donc la journée à étudier la suite du voyage et notamment le
parcours des deux prochains jours jusqu’à Luang Prabang, que nous effectuerons
en stop et à pieds.
Nous essayons tant bien que mal de mettre à jour le blog.
Petite parenthèse.
Avoir un blog c’est chouette, vraiment, et nous sommes contents de pouvoir
partager notre voyage avec nos proches par ce moyen de communication.
Mais le tenir à jour nous est très difficile car nous avons parfois
l’impression de faire nos devoirs.
Or, nous ne sommes pas partis en voyage pour nous mettre des contraintes.
Nous sommes donc désolés de ne pas vous raconter nos aventures en temps réels
mais nous souhaitons voyager avant toute chose !
Nous refermons cette parenthèse 😉
En fin d’après-midi, vers 16h, nous décidons d’aller jeter un œil à ce fameux
lagon bleu et à cette grotte si extraordinaire.
Nous parcourons les 6 kilomètres à pieds, sous la cagne et sur une piste bien
poussiéreuse.
Arrivés à l’entrée du parc vers 17h30, nous ne souhaitons pas visiter la grotte
à une heure si tardive (le soleil se couche bientôt), mais voulons seulement
nous baigner dans le lagon.
C’est pourquoi nous tentons de négocier le prix du billet d’entrée qui coûte 20
000 kips par personne car nous n’avons pas envie de payer 2€ pour aller faire
trempette dans un bassin qui est peut-être même trop froid pour y plonger un
orteil…
Le type du guichet est d’accord pour nous faire moitié prix mais il ne veut pas
nous donner de ticket, et sans ticket nous ne pouvons pas aller bien loin…
Nous avons besoin d’un ticket pour franchir le pont et accéder aux balançoires
du lagon.
Nous insistons auprès du mec : pas de ticket, pas d’argent !
Nous finissons par rentrer sans payer car il est clair que le mec ne veut pas
nous donner de ticket pour garder notre argent dans sa poche.
Et nous avons bien fait !
Fred se jette en premier à l’eau, suivi rapidement de Guigui.
Fanny trouve le courage de tremper ses pieds. Quant à moi je me contente de
prendre quelques photos, l’eau étant trop froide à mon goût.
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Ce lac naturel niché au pied de la grotte est incroyablement beau. L’eau est si
turquoise qu’on croirait regarder une carte postale.
Les garçons jouent à la balançoire et font quelques sauts du bout d’une corde.
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Nous faisons le chemin retour , les pieds dans la poussière.
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A plusieurs reprises, nous passons devant des jeunes filles sortant tout juste
de la toilette à la rivière. Malheureusement, leur propreté ne durera pas
longtemps car les motos remuent énormément de poussière à chacun de leur
passage.
C’est là qu’on se dit qu’une route asphaltée ne serait pas du luxe, même si
elle retirerait un peu de charme à la promenade, pour nous, pauvres touristes
qui ne sommes que de passage ici.
Nous rentrons de nuit et voyons au loin la ville de Vang Vieng joliment
éclairée de lanternes.
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C’est ainsi que nous terminons notre séjour à Vang Vieng. Notre coup de coeur
reste toujours à Don Det pour le moment mais nous avons beaucoup aimé la beauté
des paysages de la région, ainsi que les petits prix pratiqués que ce soit pour
l’hébergement, la nourriture ou la location de la moto.
Nous n’avons pas du tout vu la débauche en ces lieux comme elle pouvait exister
il y a encore peu de temps mais au contraire, avons apprécié la tranquillité
d’une ville malgré tout touristique.
Prochaine étape : rejoindre Luang Prabang à pieds et en stop – environ 200 km
🙂