22 février
Pour changer de la routine, nous avons décidé d’effectuer cette étape en
alternant la marche et le stop, afin de profiter pleinement de la plus belle
portion de route du pays selon les guides.
De plus, le Laos pratiquant des prix complètement incohérents sur les trajets
en bus, cette étape nous permettra d’économiser 140 000 kips (un peu moins de
13€).
Et puis, le temps du stop et de ses inconnus nous manque un peu. Nous avions
plus la sensation de liberté quand nous voyagions en stop et à pieds, et
faisions très souvent de belles rencontres.
Nous quittons donc la chambre vers 8h et prenons du riz sauté à l’ananas pour
le petit déjeuner accompagné d’un jus frais menthe citron, question de bien
commencer la journée.
A 9h, nous quittons la ville, notre bonne vieille ardoise à la main sur
laquelle nous avons écrit le nom de notre destination en laotien : Kasi.
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Nous marchons environ 45 minutes jusqu’à la sortie de la ville, le pouce levé
bien sûr.
Un premier véhicule s’arrête et est d’accord pour nous amener jusqu’à Kasi.
Nous voici donc partis pour un trajet d’une cinquantaine de bornes, les cheveux
au vent, à l’arrière d’un pick-up, comme le ferait n’importe quel habitant du
coin.
Nous arrivons à Kasi vers 10h45. Une pause pipi et on reprend la marche pendant
45 minutes à travers ce village.
C’est ici qu’un couple américain en tandem nous interpelle comme si on les
connaissait depuis toujours.
Ils nous demandent où on va et combien de temps on voyage.
Nan mais c’est quoi cet accent ?!!! Je ne comprends absolument rien ! Même
Guigui qui comprend généralement bien tous les accents du monde galère un peu à
comprendre.
Quand on leur dit que nous sommes allés au Népal et que le mec nous demande si
on a fait des treks, nous comprenons au début qu’il nous demande si on a fait
des camions (truck au lieu de trek).
Mais de quoi il nous parle, pensons-nous…
Cette rencontre, qui n’aura duré que quelques minutes, nous fait bien rire et
continue de nous faire marrer en chemin, grâce aux talentueuses imitations de
Guigui.
Après l’épouvantable accent de l’Australienne de Krabi, nous avons eu droit à
l’accent campagnard de l’Américain.
Nous qui envisageons de passer par ces deux pays au cours du voyage, ça promet
d’être drôle 🙂
A la sortie de Kasi, c’est un autre pick-up qui nous embarque. Le conducteur
est un norvégien d’une quarantaine d’années, le passager, lui, est un jeune
laotien d’à peine 20 ans.
Cette fois-ci nous sommes confortablement installés dans la cabine du pick-up,
derrière le chauffeur et le passager.
L’ambiance en voiture est assez étrange. Le norvégien qui selon ses dires
habite à Vientiane dix mois de l’année, ne parle pas un mot de laotien. Il ne
nous parle pas beaucoup non plus d’ailleurs.
De plus, nous ressentons comme une relation malsaine entre lui et ce jeune
homme.
Évidemment je m’imagine le pire comme le tourisme sexuel, et ça me dégoûte.
Les lacets de la route de montagne ainsi que la clim dans le véhicule me
donnent vite la nausée.
Bien que notre chauffeur aille jusqu’à Luang Prabang, nous lui demandons de
nous déposer à Phoukoun après nous être arrêtés à un point de vue.
D’une part, la clim est trop insupportable et nous n’aimons pas trop l’ambiance
silencieuse qui règne dans la voiture.
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A Phoukoun vers 12h45, nous faisons une courte pause dans un petit boui-boui où
nous mangeons un simple sticky rice (riz collant) accompagné de boissons
fraîches.
Il fait tellement chaud que nous n’avons pas trop d’appétit.
Après une pause de presque une heure dans ce village, nous reprenons la marche
pendant environ une heure et quart à travers des villages et de beaux paysages.
[07 kiewkacham-et-stop (01)]
Dans l’un des villages, nous sommes très observés par les habitants, qui
semblent n’avoir jamais vu de touristes (ou pas souvent).
Certains habitants ont leur maison et leurs cochons sur le bord de la route.
Cette façon de vivre si différente de la nôtre nous fascine toujours autant.
Peu de voitures sur cette portion de route, mais un nouveau pick-up veut bien
nous déposer jusqu’à Kiewkacham.
Dans le véhicule, trois chinois : deux hommes à l’avant et une femme à
l’arrière qui nous fait un peu de place. Ils vont aussi jusqu’à Luang Prabang.
Nous sommes surpris que des chinois nous prennent en stop car chez eux, en
Chine, ils ne comprennent pas vraiment le principe et ne prennent pas souvent
des auto-stoppeurs.
En revanche, la conduite reste la même qu’en Chine : rapide et dangereuse.
A plusieurs reprises nous avons serré les fesses et retenu notre respiration.
Le chauffeur conduit tellement vite que dans les virages il fait crisser les
pneus et en oublie même de nous arrêter à notre destination. Heureusement,
Guigui à l’œil et repère le kilomètre où nous devons nous arrêter.
Sortis de la voiture, nous pouvons enfin respirer.
Nous arrivons à Kiewkacham vers 16h, et cherchons un hébergement.
Pour 60 000 kips (le prix que nous payons en général), les chambres sont bien
plus sales, avec des lits très inconfortables et la salle de bain des
propriétaires de la guesthouse à partager.
Nous négocions la chambre et l’obtenons à 35 000 kips (environ 3€).
Franchement, elle ne mérite pas plus.
Nous y déposons nos sacs et partons nous balader dans le village.
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Comme partout au Laos, les déchets sont un vrai problème. Les poubelles n’étant
pas mises en place, les habitants jettent leurs ordures dehors, ce qui rend le
pays très sale, le plus sale que nous ayons vu jusqu’à présent.
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Nous voyons également des enfants jouer à la toupie.
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De retour à la guesthouse, nous commandons des nouilles sautées au poulet. Le
poulet sort de la vitrine posée à l’extérieur en plein sous la cagne, et nous
aurons à la place de notre plat commandé, une soupe de nouilles. Tout ce que je
déteste.
Le repas est franchement pas terrible et nous préférons ne pas toucher à la
viande qui nous semble plus que douteuse.
On a faim alors on se console avec des gâteaux achetés dans une supérette du
village.
Pour dormir, nous nous emmitouflons dans nos duvets et faisons en sorte de ne
pas toucher les draps qui semblent ne pas avoir été lavés depuis longtemps…
23 février
Nous quittons cette triste chambre à 8h15 et entamons notre marche matinale en
direction de Luang Prabang.
La balade est vraiment agréable. La route peu fréquentée nous permet d’admirer
pleinement les paysages dans le calme.
Au bout d’une et quart de marche, une camionnette s’arrête et accepte de nous
déposer à Luang Prabang.
Ayant vu peu de voitures en chemin, nous préférons aller directement à
destination et arriver tôt afin de trouver un hébergement bon marché plus
facilement.
Notre chauffeur et ses passagers ne sont pas très frais. En effet, ils
reviennent d’un mariage devant lequel nous sommes passés la veille à Phoukoun
et semblent un tantinet fatigués.
Toutefois, notre chauffeur conduit prudemment sans se presser. Typiquement
laotien. 🙂
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En chemin, nous faisons une pause rafraîchissement à une source et une pause
ravitaillement en choux.
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Nous arrivons à Luang Prabang vers midi. Il fait chaud !
Nous devons désormais trouver un hébergement…
En résumé, le stop se fait très facilement au Laos. Nous aurions pu effectuer
les 200 kilomètres en une journée et en seulement deux véhicules mais avons
préféré prendre notre temps et marcher à travers différents villages.
On n’a pas pris beaucoup de photos en chemin mais voici le résumé en vidéo 🙂
Laos : Stop de Vang Vieng à Luang Prabang from Jenni et Guigui on Vimeo.