Canot-camping au Québec : la liste de matériel
Le canot change complètement la logique du sac
En randonnée, chaque gramme se paie dans les jambes. En canot-camping, le poids devient secondaire la plupart du temps : l’embarcation porte. Mais deux contraintes nouvelles apparaissent, et elles pèsent plus lourd que le poids. D’abord l’eau, qui finit toujours par entrer quelque part. Ensuite les portages, ces passages à pied entre deux plans d’eau, où tout ce qu’on a chargé sans réfléchir doit se retrouver sur le dos en une ou deux allées.
Le matériel se choisit donc selon deux critères : est-ce que ça reste sec, et est-ce que ça se porte.
L’étanchéité, poste numéro un
Tout ce qui compte vraiment part dans un contenant étanche, et on n’attend pas le chavirage pour y penser : il pleut, les vagues entrent, le fond du canot est mouillé en permanence.
- Des barils étanches avec harnais de portage. C’est la solution reine en canot-camping : ils ferment vraiment, ils se portent, ils flottent, et ils protègent la nourriture des odeurs.
- Des sacs étanches à enroulement pour les vêtements et le duvet, en plusieurs petits volumes plutôt qu’un gros. On trouve ses affaires sans tout déballer sur une plage mouillée.
- Un double emballage pour le duvet. C’est la pièce qui ne doit jamais prendre l’eau, et c’est celle qui pardonne le moins si elle la prend.
- Une pochette étanche au cou pour les papiers, le téléphone et la carte, qui restent sur la personne et pas dans le canot.
La sécurité nautique n’est pas une option
C’est l’équipement qu’on espère ne jamais utiliser et qui change la nature du voyage.
- Un gilet de sauvetage par personne, porté et pas rangé sous le siège. L’eau est froide une grande partie de la saison, et le froid retire très vite les moyens de se sauver soi-même.
- Une écope ou une pompe pour vider l’eau embarquée, plus une éponge pour le fond.
- Un bout de corde à chaque extrémité du canot, pour l’amarrer, le tracter ou le récupérer.
- Un sifflet attaché au gilet, et une lampe étanche.
- Une pagaie de secours. Perdre une pagaie dans un rapide arrive, et finir à une pagaie pour deux transforme la fin du parcours en corvée.
Les équipements obligatoires à bord d’une embarcation varient selon la réglementation applicable et la taille du canot. On vérifie la liste en vigueur auprès des autorités compétentes avant de partir, plutôt que de se fier à une liste trouvée sur un forum.
Les portages dictent l’organisation
Un portage se mesure en mètres mais se vit en nombre d’allées. L’objectif, c’est de tout transporter en deux voyages maximum : un pour le canot, un pour le reste.
- Peu de contenants, mais portables. Deux barils à harnais et un sac à dos valent mieux que six sacs souples qu’on ne sait pas comment attraper.
- Un joug de portage sur le canot, ou un coussin d’épaule, qui rend le portage du canot supportable au lieu de douloureux.
- Des chaussures qui acceptent l’eau et qui tiennent la cheville sur un sentier de portage boueux et racineux. Les sandales de rivière seules ne suffisent pas pour marcher chargé.
Le bivouac
Il ressemble à un bivouac de randonnée, avec deux différences : on a de la place, et on est souvent au bord de l’eau, donc dans l’humidité et les insectes.
- Une tente double paroi avec une bonne moustiquaire. Au bord d’un lac, en début de saison, les insectes décident de l’ambiance de la soirée.
- Une bâche tendue au-dessus de l’espace de vie. C’est l’objet le plus rentable du chargement : elle permet de cuisiner et de rester dehors sous la pluie.
- Un matelas confortable plutôt qu’ultraléger, puisque le canot le porte.
- Un réchaud et du combustible en quantité, en comptant large : le bois mouillé n’est pas une solution de repli fiable, et les feux peuvent être interdits selon la période et le secteur.
La nourriture et les animaux
Les barils étanches règlent une grande partie du problème d’odeurs, mais la règle reste la même qu’en randonnée : la nourriture ne dort pas dans la tente. On la stocke à distance du campement, suspendue ou dans un contenant prévu pour, en respectant les consignes du parc ou de la réserve traversée.
Les petites choses qui comptent
- Des gants fins pour pagayer : les ampoules aux mains se déclarent au deuxième jour et gâchent les suivants.
- Une crème solaire sérieuse, car la réverbération sur l’eau double l’exposition.
- Du scotch toilé et un kit de réparation pour la coque, selon le matériau du canot.
- Une carte papier dans sa pochette étanche, en plus de la trace numérique. Les batteries se vident, le papier non.
Au Québec, la richesse du réseau de lacs et de rivières permet des itinéraires de tous niveaux. Le matériel ne rend pas le parcours plus facile : il rend possible de continuer après une journée de pluie, et c’est exactement là que se décide la réussite d’un canot-camping.