|

Raquettes et marche hivernale au Québec : l’équipement de base

Marcher l’hiver, c’est gérer la transpiration avant le froid

C’est le paradoxe que découvrent tous ceux qui sortent en raquettes pour la première fois : on part en ayant froid, on a chaud au bout de dix minutes, et c’est la transpiration accumulée qui refroidit dangereusement dès la première pause. L’équipement d’hiver ne sert pas à empiler le plus de chaud possible, il sert à pouvoir ajuster vite.

Choisir ses raquettes

Trois critères suffisent à faire le bon choix, et aucun n’est le prix.

  • La portance, c’est-à-dire la surface. Elle se choisit selon le poids total, vous plus votre sac, et selon la neige : une neige fraîche et poudreuse demande plus de surface qu’une neige tassée sur sentier damé. Trop petite, la raquette s’enfonce et chaque pas devient un effort.
  • Les crampons. Sur un terrain vallonné ou verglacé, les griffes sous l’avant du pied et les crampons latéraux font toute la différence. Une raquette sans accroche sérieuse est inutilisable en pente.
  • La fixation. C’est le point qu’on néglige et celui qui gâche les sorties : une fixation qu’on serre avec les doigts gelés, à travers des gants, doit être simple. On l’essaie en magasin avec des moufles aux mains, pas à mains nues.

Un détail utile sur les modèles destinés aux longues montées : la barre de relevage du talon, qui soulage considérablement les mollets.

Les trois couches, et la quatrième qui reste dans le sac

  • Première couche en laine mérinos ou en synthétique, jamais en coton. Elle évacue la transpiration au lieu de la retenir contre la peau.
  • Couche intermédiaire : polaire ou veste synthétique. C’est la couche qu’on retire dès que l’effort monte, puis qu’on remet à l’arrêt.
  • Couche extérieure coupe-vent et déperlante, respirante. En marche active par temps sec et froid, une veste coupe-vent respirante vaut souvent mieux qu’une membrane totalement imperméable, dans laquelle on cuit.
  • La doudoune d’arrêt, qui reste dans le sac et ne sort qu’aux pauses. C’est la pièce qui empêche le refroidissement brutal quand on s’arrête en sueur. C’est aussi celle qu’on oublie le plus souvent.

Les extrémités décident du confort

On n’a jamais froid « en général » : on a froid aux mains, aux pieds, aux oreilles.

  • Des moufles plutôt que des gants par grand froid, avec un sous-gant fin pour les manipulations. Les doigts se réchauffent mutuellement dans une moufle, pas dans un gant.
  • Une deuxième paire de gants dans le sac. Une paire mouillée ne sèche pas en marchant.
  • Des chaussettes de randonnée en laine, en une seule épaisseur bien ajustée. Deux paires superposées compriment le pied et coupent la circulation, ce qui donne exactement l’effet inverse de celui recherché.
  • Des bottes d’hiver isolées avec un chausson intérieur, et des guêtres pour empêcher la neige d’entrer par le haut.
  • Un bonnet qui couvre les oreilles et un tour de cou qu’on peut remonter sur le visage dans le vent.

L’eau, qui gèle si on ne l’empêche pas

C’est l’erreur classique de la première sortie par grand froid : la poche à eau gèle dans le tuyau au bout d’une heure et devient inutilisable pour le reste de la journée.

  • Préférer une bouteille isotherme à une poche à eau, et la remplir d’eau chaude au départ.
  • Ranger la bouteille à l’envers dans le sac : la glace se forme en surface, donc au fond du goulot ainsi orienté.
  • Boire régulièrement même sans sensation de soif. Par temps froid et sec, on se déshydrate sans s’en rendre compte, et la déshydratation accélère l’arrivée du froid.

Ce qu’on emporte toujours

  • Une lampe frontale, parce que la nuit arrive très tôt en hiver et que les sorties s’allongent plus que prévu.
  • Des lunettes de soleil à bon indice : la réverbération sur la neige est intense, même par ciel voilé.
  • De la nourriture dense et facile à manger avec des gants : barres, fruits secs, chocolat. Le corps consomme beaucoup plus par le froid.
  • Une couverture de survie et un sifflet, plus un peu de scotch toilé pour une fixation cassée.
  • Des bâtons de marche avec rondelles larges, qui aident en montée et sécurisent la descente.

Avant de partir

Deux habitudes valent tout l’équipement du monde : consulter les conditions et l’état des sentiers auprès du gestionnaire du secteur, et prévenir quelqu’un de son itinéraire et de son heure de retour. L’hiver, les marges d’erreur sont plus courtes, et une cheville tordue à la tombée du jour n’a pas les mêmes conséquences qu’en juillet.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *