Canada – Celui qui était heureux de randonner sur le sentier Stony Creek

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Jour 827 : lundi 05/11/2018

Aujourd’hui, c’est dans la cabane de Jonathan, au milieu des bois, que nous
nous réveillons avec les belles couleurs du soleil levant.

Nous profitons de cette belle journée ensoleillée mais également d’habiter dans
la vallée d’Ibex, pour effectuer notre première rando hivernale de la saison
dans le secteur [smiley].

Et c’est sur le sentier de Stony Creek que nous marchons, une rando de 15 km en
aller-retour avec 625 mètres de dénivelé.

Dehors, il fait -15°C, un peu frais mais la température est idéale pour aller
prendre l’air.

D’abord, nous suivons la piste de quad sur 500 mètres puis commençons notre
ascension au-dessus du ruisseau Stony.

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Nous passons devant plusieurs caravanes, certaines d’entre elles abandonnées,
d’autres semblant encore en bon état.

Quant au camp minier que nous passons, il est bel et bien abandonné.

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En chemin, nous nous arrêtons devant une cabane bricolée un peu à la va-vite
mais qui, à en croire la fumée sortant de la cheminée,semble toutefois habitée,
très certainement par un trappeur.

La randonnée longe justement une ligne de trappe. Ce ne serait donc pas
surprenant que quelqu’un habite ici.

L’endroit est plutôt chouette. Superbe vue, seule dans la forêt, cette personne
vit quand même d’une manière peu ordinaire…

Nous poursuivons notre marche en forêt à travers des paysages qui pourraient
bien nous manquer une fois de retour en France…

C’est vraiment beau le Yukon !

Et comme à chaque fois que nous entreprenons une rando sur ce territoire, nous
sommes absolument seuls à des kilomètres à la ronde.

Et visiblement, les premiers également de la saison à fouler le pas sur ce
sentier.

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Nous apercevons encore quelques feuilles mortes accrochées aux branches, les
résistantes de ce début d’hiver.

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Cette poudreuse si légère, baignée dans la lumière du soleil, s’envole dans les
airs telles des paillettes. Ça n’a l’air de rien comme ça mais ce sont
justement chacun de ces petits détails que nous voyons qui rend le paysage si
beau.

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Marchant au-dessus du ruisseau Stony qui n’est pas encore gelé, nous grimpons
en direction du pic du même nom.

Nous atteignons de beaux points de vue notamment sur la vallée du lac Kusawa
que nous apercevons au loin.

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Je ne sais pas si c’est la joie de retrouver la pureté de ce territoire et la
beauté de ses paysages qui nous rendent euphoriques mais nous vivons un petit
moment de rigolades lorsque Guigui s’amuse à se prendre en photo, l’égratignure
de son nez, fraîche de ce matin mise en valeur. Parfois, quand on joue aux
bûcherons, bah il arrive qu’une bûche de bois nous tombe en plein sur le pif.
N’est-ce pas mon cœur ?

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Nous avons l’impression de revivre en marchant sur ces terres sauvages, heureux
de pouvoir respirer un air pur à plein poumons. Ça me change de l’abondante
humidité de Hawaï qui me donnait quelques difficultés à respirer.

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Nous passons un superbe après-midi mais je dois reconnaître que cette joie que
j’éprouve à respirer le grand air sain du Grand Nord, à me nourrir de ces beaux
paysages encore sauvages et de ce silence qui règne à des kilomètres à la
ronde, cette joie m’inquiète un peu car dans six mois, nous serons de retour en
France, un pays que j’aime de tout mon cœur mais qui reste bien différent du
Yukon, surtout en terme d’espaces.

Et si une fois en France, le Yukon nous manquait ?

Et si une fois en France, nous voulions immigrer dans le Grand Nord canadien ?

C’est la première fois après de nombreux voyages que mon cœur est partagé entre
deux pays.

Comme le dit si bien Guigui, “profitons à fond de ces derniers mois sur le
territoire pour apprécier ses merveilles et ce sera seulement une fois rentrés
et à nouveau installés en France que nous saurons ce que notre cœur désire
vraiment”.

Il est vrai qu’au printemps prochain, cela fera trois ans que nous aurons
quitté la France, sans jamais y remettre les pieds ne serait-ce que pour y
passer des fêtes de Noël, alors peut-être avons-nous tendance à oublier les
qualités et les défauts de ce pays si cher à nos cœurs.

Laissons-nous le temps de le retrouver dans quelques mois et nous saurons si
notre place est en France ou au Yukon.

En attendant, c’est le sourire aux lèvres et heureux d’avoir passé une belle
journée que nous rentrons à la cabane, après presque 5h de marche.

Nous nous plaignons que l’hiver dure trop longtemps au Yukon et l’été pas
assez, mais aussitôt que la neige réapparaît, nous sommes contents de revêtir
nos bottes et manteaux pour aller marcher et respirer l’air pur [wink].

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