Du 1er au 07 novembre 2018
En ce tout début d’hiver, nous vivons l’une des expériences tant désirée de
notre séjour au Yukon, celle de vivre dans une cabane entourée de nature.
Cette expérience, certes rustique mais pas moins intéressante, nous la vivons
chez Jonathan, un ch’ti français immigré au Canada depuis dix ans, parti en
France pour des vacances.
Située à Ibex Valley à 50 km au nord de Whitehorse, suffisamment proche de la
route mais installée dans le bois, cette cabane au confort minimum (pas d’eau
courante et électricité aux panneaux solaires et/ou générateur) accueille
Jonathan et ses huit gros chiens de traîneau.
Durant toute la semaine qui arrive, nous devrons surtout nous occuper de ses
chiens, impressionnants à première vue mais tellement adorables.
Les huit chiens sont séparés en deux équipes dans leur enclos. Il y a les
jeunes à l’avant, plus joueurs et dynamiques, âgés d’un an et demi à deux ans,
et les plus vieux à l’arrière, âgés de trois-quatre ans, beaucoup plus calmes.
Parmi les plus jeunes, nous avons :
Haïda, très timide mais hyper attachante. Au bout de deux jours, nous devenons
elle et moi des super copines [wink].
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Ivavik, le plus jeune mais également le plus grand. Ce “chiot” qui ne sent pas
sa force, est capable de nous renverser à terre rien qu’en nous sautant dessus
pour s’amuser. Dire qu’il n’a qu’un an ! [smiley]
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Tikehau, le sauteur par excellence. Aux jeux olympiques, ce chien gagnerait
sans aucun doute la médaille d’or dans la catégorie “saut en hauteur” [wink].
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Nouméa, la plus âgée des plus jeunes, la plus petite également mais pas moins
forte pour autant. Très vive, ce n’est pas toujours évident d’éviter ses
bisous. Plus solitaire également, elle fait souvent bande à part et préfère se
mettre à l’écart lorsque ses camarades s’amusent à se courir après.
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Parmi les plus vieux, il y a :
Torngat, le cliché même du chien de traîneau comme on l’imagine à travers
l’œuvre de Jack London dans “l’appel de la forêt”. Touffu avec les yeux
vairons, ce superbe chien est certainement le plus calme de tous. Perché sur sa
niche, il passe ses journées à observer la vie.
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Marathon le séducteur. Avec ses superbes yeux bleus, il me fait craquer. Un
beau brun ténébreux [wink].
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Venise où “Madame j’aime la vie”. Toujours d’humeur joyeuse, elle aime qu’on
lui porte de l’attention et ne refuse jamais une caresse affective.
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Enfin, Madame Iroise qui, malgré son nom de bourgeoise, est certainement celle
qui fait les cacas les plus puants.
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Notre mission durant toute la semaine est de les nourrir, et des bestiaux
pareils, ça mange ! L’hiver n’étant pas encore vraiment installé et leur
activité physique étant plutôt limitée en ce moment, ils se régalent matin et
soir de la soupe de croquettes qui, mine de rien, prend une bonne demie heure à
préparer quand il s’agit d’en faire pour huit. Au retour de leur maître et des
randonnées hivernales, ils mangeront davantage de viandes, plus grosse source
de protéines.
Chaque jour également, nous les libérons de leur niche et leur accordons ce que
Jonathan appelle “une récré”, c’est-à-dire un moment de jeux entre eux qui peut
durer le temps que l’on veut selon nos disponibilités dans la cabane, car bien
qu’ils soient dans leur enclos, nous devons toujours être présents sur le
terrain lorsqu’ils sont libérés de leurs chaînes. Ces petits malins seraient
bien capables de s’échapper en notre absence et nous attendre sur le pas de la
porte [wink].
Généralement, nous leur accordons entre une et deux heures de récréation et
libérons d’abord les plus jeunes, plus dynamiques et jaloux de leurs aînés si
ces derniers sont détachés les premiers.
Jonathan s’est montré insistant sur une chose : ne jamais les libérer tous en
même temps autrement cela pourrait faire des ravages ! Question de dominance
qu’il faut canaliser.
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Et parce que des chiens comme ceux-là mangent beaucoup, ils font aussi caca
très souvent.
Nous devons donc quotidiennement ramasser les crottes afin de garder l’enclos
le plus propre possible pour les chiens.
Pas la partie la plus plaisante (les récrés et les caresses c’est quand même
plus sympa) mais il faut le faire. Ça fait partie de l’échange [wink].
Quand au logement, la cabane a beau être très simple, elle n’en reste pas moins
très confortable et chaleureuse.
Pas d’eau courante, il nous faut donc remplir des bidons (à la rivière ou lors
de nos déplacements en ville) et faire attention à notre consommation d’eau.
Afin d’économiser l’eau, nous apprenons vite à brosser nos dents et à faire la
vaisselle avec très très peu d’eau. Nous faisions déjà attention à notre
consommation avant mais les quelques bidons de quinze litres servant à la fois
à nous laver, nous hydrater, nous faire à manger et nourrir les chiens (environ
10 litres par jour pour la soupe de croquettes) nous obligent à limiter encore
plus le gaspillage. Un bon moyen de se rendre compte de la valeur de l’eau
[wink].
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Notre seule source de chauffage est le poêle à bois que nous alimentons
régulièrement au cours de la journée. La cabane étant petite, le poêle est vite
efficace si bien que nous avons parfois trop chaud. Mais une fois qu’on a
compris comment gérer la bête, il est plus facile maintenir une température
plis ou moins constante.
Le matin au réveil, il fait un peu frais, environ 12°C mais le poêle est
tellement efficace qu’il est assez rapide de chauffer la cabane.
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Quant à l’électricité, elle nous est fournie par le soleil quand il y en a
(installation de deux panneaux solaires sur le toit) ou par un générateur à
essence. Afin d’utiliser le moins de pétrole possible servant à faire
fonctionner le générateur, nous faisons attention à la consommation
d’électricité en allumant les lumières que lorsque nous ne voyons vraiment plus
clair dans la maison (mais à cette période de l’année, le soleil se couchant
vers 17h, il fait vite sombre dans la cabane).
De plus, nous utilisons internet et le WiFi avec parcimonie ainsi, nous
économisons la batterie de nos téléphones. Et ne captant pas de réseau
téléphonique dans le secteur, nous activons le mode avion, une autre façon
d’économiser de la batterie. Et c’est là que l’on s’aperçoit que sans toutes
ces technologies, finalement pas indispensables à longueur de journée, un
téléphone peut avoir une bonne autonomie et une durée de vie plus longue [wink].
Bien que la cabane de Jonathan ne soit pas bien grande (cela nous change de
tous les housesitting que nous avons faits jusqu’à présent dans des grandes
maisons), bien que le confort soit rustique, nous nous y sentons bien.
Nous aimons la chaleur que nous procure le bois, la chambre en mezzanine et
l’environnement si superbe qui entoure les lieux !
Comme c’est agréable et surtout reposant de n’entendre que le silence régner à
longueur de journée. Ici, pas de pollution sonore telle que les appareils
électroménagers dont les moteurs ne cessent de tourner jour et nuit. Pas de
voisins bruyants, seulement les quelques hurlements de chiens (ceux de Jonathan
ou du voisin) se mettant de temps à autre dans la peau d’un loup. Un son
magique qui n’a de cesse de nous plonger dans l’ambiance si atypique du Grand
Nord [smiley].
Et puis certains jours, on regarde à travers la fenêtre et on aperçoit deux
chevaux semi-sauvages brouter quelques restes d’herbes juste devant la cabane
[smiley].
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Lorsque ce ne sont pas les beaux levers et couchers de soleil visibles depuis
la fenêtre qui nous émerveillent chaque jour qui passe, ce sont les étoiles et
les aurores boréales qui illuminent nos nuits [smiley].
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Le seul truc un tantinet difficile à vivre au quotidien, surtout par
température très froide comme ce -26°C qu’on a eu un matin au réveil, c’est la
toilette à l’extérieur.
Quand l’hiver est rude, ça demande bien du courage d’aller se soulager à
cinquante mètres de la cabane.
Et l’été, il faut penser à toujours se munir d’une bombe à ours car la toilette
installée ainsi dans la nature, on est jamais à l’abri d’être déranger par un
ours.
Quand aller aux toilettes devient une expédition à plein temps…[smiley]
Une question d’habitude j’imagine…
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Pendant toute cette semaine passée chez Jonathan, nous limitons nos
déplacements en voiture, préférant profiter pleinement des lieux et de ce
logement si atypique.
Nous occupons facilement nos journées.
Une journée typique chez Jonathan durant notre séjour pourrait se résumer ainsi.
Au réveil, nous préparons la soupe de croquettes pour les chiens, puis nous
avalons un petit déjeuner avant de leur donner le repas.
Guigui passe pas mal de temps à trier et retoucher ses photos tandis que je
consacre beaucoup de temps à la rédaction d’articles pour le blog.
Puis vient le moment où nous accordons la récréation aux petits monstres. Une
pause dont nous profitons pour nettoyer les enclos.
Jonathan étant visiblement un grand fan de Nicolas Vanier, je me permets
d’emprunter l’un de ses livres et me plonge dans la lecture du récit de
l’Odyssée Sauvage, une expédition en chiens de traineau que l’aventurier
français a vécue à travers la Sibérie.
Guigui se charge également de couper régulièrement du bois pour alimenter le
poêle, notre unique source de chaleur.
Et en fin de journée, à la tombée de la nuit, nous donnons le deuxième repas
aux chiens avant de souper nous-mêmes.
Des journées toute simples certes mais passer du temps au calme dans cette
cabane nous fait un bien fou.
Et quand nous souhaitons prendre l’air, nous empruntons le sentier juste devant
la cabane, une marche qui se poursuit sur une route très peu empruntée et qui
suffit à nous dégourdir les jambes et prendre l’air le temps d’une à deux
heures, toujours entourés de ces belles montagnes.
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Merci Jonathan de nous avoir fait confiance et de nous avoir permis de vivre
cette fantastique expérience, typiquement canadienne [wink].