Été 2017
Cela fait maintenant plusieurs semaines que nous réfléchissons à la possibilité
de vendre notre appartement situé au Crès près de Montpellier, acquis il y a
moins de deux ans, à peine six mois avant notre départ pour le Canada.
Une partie de nous ne souhaite pas le vendre car nous avons mis beaucoup
d’énergie et d’argent dans cet appartement en y effectuant des travaux assez
considérables, et en n’en profitant qu’une petite semaine une fois complètement
achevé.
Malgré tout, une autre partie de nous aimerait s’en débarrasser car,
aujourd’hui, il nous coûte plus d’argent qu’il ne nous en rapporte et sans
oublier qu’il nous cause beaucoup de soucis.
En effet, nous avons vécu des mésaventures avec notre locataire qui ne payait
ses loyers que lorsqu’elle le désirait, sans compter qu’elle y a fait des
dégâts que nous devons réparer par nos propres moyens.
Autant dire que depuis le Yukon, au nord-ouest du Canada, ce n’est pas chose
facile.
De plus, cela paraît compliqué de confier cet appartement à un autre locataire
car la situation actuelle est telle que nous ne voulons, ni ne pouvons plus le
louer de nouveau. Cette dernière année nous a prouvé qu’il était
malheureusement difficile de faire confiance aux gens.
Il est vrai que nous pourrions demander à une agence de gérer la location pour
nous mais cela signifie payer ses services pour qu’elle gère toutes les galères
et cela coûte des frais que nous ne pouvons pas inclure dans le prix du loyer.
Le coût de la vie au Canada étant assez élevé, particulièrement au Yukon, nous
ne voulons pas travailler comme des fous pour subvenir aux dépenses françaises
relatives à un appartement dans lequel nous n’habitons pas.
Nous avons assez avec les impôts…
Et de toute façon, vu le coût de la vie au Yukon, cela semble difficile de
couvrir à la fois les dépenses françaises et canadiennes à moins de passer
notre temps au travail, ce que nous ne souhaitons absolument pas faire. Nous ne
sommes pas venus au Canada pour vivre une vie plus difficile qu’en France.
Comme je le dis souvent, nous avions une belle vie en France et notre désir de
venir au Canada n’est en aucun pour fuir notre pays mais bien pour vivre une
nouvelle expérience, une nouvelle parenthèse dans notre vie.
Enfin, bien que nous ayons acheté cet appartement dans le but d’avoir un pied à
terre à notre retour, nous nous rendons compte avec le temps que cet
appartement n’est en réalité rien de plus qu’un investissement.
En effet, nous ne nous voyons absolument pas vivre à long terme (ni même à
court terme d’ailleurs) dans ce logement. Nous avons d’autres projets pour
notre retour, loin des voisins et de la copropriété.
Ne sachant que décider (on vend ou on ne vend pas ?), nous nous en remettons
aux pièces canadiennes : Pile signifie que nous vendons notre appartement,
Face, nous le gardons.
C’est parti, nous jetons la pièce….et à deux reprises, elle tombe du côté Pile.
À tout hasard, nous demandons à la pièce de monnaie si nous devons mettre notre
appartement en location Airbnb comme nous pensions le faire pendant un temps.
Pile ça veut dire oui et Face ça veut dire non.
Là encore, à deux reprises, la pièce nous dit non en montrant son côté Face.
Bon bah, il faut croire qu’il n’y ait plus besoin de réfléchir à cette question.
C’est décidé, nous faisons confiance aux pièces et mettons l’appartement en
vente, et tant pis si nous n’en avons pas beaucoup profité.
Tant pis pour le pied à terre. Il y a trois ans, lorsque nous nous sommes
installés dans le sud de la France au retour de notre voyage de quinze mois à
travers l’Europe et l’Asie, nous avons trouvé assez rapidement un logement où
vivre, alors nous trouverons de nouveau lorsque nous rentrerons, nous en sommes
convaincus. 🙂
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Nous contactons donc deux agents immobiliers à distance parce qu’évidemment,
nous ne pouvons pas vendre notre bien par nos propres moyens à près de 8000 km
de chez nous.
L’un d’eux semble plus réactif que l’autre et c’est donc à cette agence locale
de notre village Le Crès que nous confions la vente de notre appartement.
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Alors que notre appartement est mise en vente, nous travaillons de paire et à
distance avec les parents de Guigui pour faire le vide dans le logement.
Dans le courant du mois d’août, ils viennent séjourner chez nous pendant deux
semaines et se chargent de vendre certains de nos meubles tels que le salon de
jardin, notre lit, un meuble de salle de bain, et plein d’autres affaires.
Sur les conseils de notre agent immobilier, qui trouve notre appartement trop
chargé pour que les clients puissent s’y projeter, nous faisons avec l’aide de
Silvie et Gérard, un maximum de place à l’intérieur en le vidant le plus
possible.
Ne voulant pas les encombrer plus qu’ils ne le sont déjà dans leur nouvelle
maison, nous décidons de nous séparer de beaucoup de choses. Puisque nous
tendons vers une vie davantage minimaliste, il y a plein de meubles dont nous
ne savons pas vraiment si nous les utiliserons de nouveau quand nous
rentrerons. Nous ne savons même pas quand nous rentrerons à vrai dire, car
après le PVT Canada, il n’est pas impossible que nous poursuivons plus
longtemps notre voyage.
Nous avons tellement de projets dans notre esprit que nous ne sommes sûrs de
rien, et cela nous va bien comme ça. Nous prenons la vie comme elle vient et
l’avantage de ne pas trop prévoir à l’avance est que nous avons moins de
risques d’être déçus si les choses ne se réalisent pas 😉.
C’est donc parti pour des ventes sur Le Bon Coin ! 🙂
Durant leur séjour au Crès, les parents se chargent également de récupérer
toutes les affaires qui pourraient nous servir à notre retour telle que la
vaisselle ou certains meubles auxquels nous tenons (désolée Manao, tu n’auras
pas notre table basse 😂).
Une fois de plus, les parents de Guigui ont été remarquables et vraiment
efficaces, bien que nous sachions qu’il leur est parfois difficile d’accepter,
ou du moins de comprendre nos décisions et nos choix de vie.
Malgré tout, nous avons fait une belle équipe et avons bien géré les choses à
nous quatre. Comme quoi, avec les technologies d’aujourd’hui, les 8000 km qui
nous séparent ne nous empêchent aucunement de communiquer.
Nous avons réussi à échanger quasiment tous les jours pour nous tenir au
courant des avancées, nous à la communication et à la vente et eux à la remise
des fournitures auprès des acheteurs.
Ils ont vraiment été géniaux aussi en réparant les quelques dégâts que notre
locataire a commis et en nettoyant l’appartement pour faciliter la vente, parce
qu’évidemment, la locataire ne l’a pas vraiment rendu propre en partant…
Ce séjour dans notre appartement leur a également permis de profiter un peu de
la région et de ses belles journées ensoleillées en visitant plusieurs endroits
merveilleux dont regorgent l’Hérault 😉.
Ils ont également fait la connaissance de mon amie Michèle et de son mari Guy,
tous deux habitants le village du Crès et dotés d’une gentillesse remarquable.
En effet, après avoir passé deux semaines à la maison, Silvie et Gérard
repartent tels des gens du voyage avec une voiture chargée à bloc. 🙂
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N’ayant pas réussi à se débarrasser de toutes les affaires que nous vendons
(bien que les clients du Bon Coin répondent présents plutôt rapidement), ce
sont donc Michèle et Guy qui prennent le relais en remettant aux acheteurs les
meubles restants et en récoltant les sous pour nous.
Cela nous comble de joie de constater qu’il y a des gens sur lesquels nous
pouvons compter. Et il est certain que nous n’oublierons jamais ce qu’ils ont
fait pour nous 😉.
Parmi les gens qui nous ont rendu service à distance, nous n’oublions
évidemment pas Johanna et Kévyn, des amis vivant à Castelnau le Lez et qui ont
répondu présents pour changer nos serrures, parce qu’évidemment, il n’était pas
question de conserver les anciennes, ne faisant absolument pas confiance en
notre locataire partie s’installer à trois mètres de chez nous…
Sans toutes ces personnes, nous aurions été obligés de rentrer en France pour
régler toutes ces histoires, au risque de ne pas retourner au Canada pour
terminer notre PVT.
Et cela nous aurait beaucoup attristé de terminer notre aventure et expérience
canadienne ainsi.
C’est pourquoi nous leur consacrons un article pour les remercier et leur faire
part de notre sincère reconnaissance.
C’est bon de voir qu’à l’époque dans laquelle nous vivons aujourd’hui, il est
encore possible de compter sur des gens en cas de besoin 🙂.
Les semaines passent depuis que nous avons confié début août la vente de notre
appartement à notre agent immobilier, et il s’avère être plutôt efficace
puisqu’en septembre, nous recevons une première offre d’achat d’une acheteuse
capable de payer comptant, ce qui signifie une vente très rapide. Trop cool !
Nous faisons donc le nécessaire au plus vite pour le compromis de vente.
Pour cela, nous devons donner procuration au notaire directement qui se
chargera de signer les compromis et actes de vente à notre place étant donné
que nous ne sommes pas sur place.
Et comme il n’y a pas d’ambassade de France à Whitehorse, nous devons passer
devant un consul honoraire pour faire reconnaître nos signatures sur la
procuration, ce dernier n’étant présent qu’à des périodes précises dans le mois.
Toutes ces démarches prennent du temps (près de trois semaines pour faire
reconnaître nos signatures sur la procuration) et nous ratons la vente.
L’acheteuse s’étant impatientée, elle aurait signé un compromis pour un autre
logement auprès d’un concurrent, selon l’agent immobilier.
Mouais…. Elle ne devait être si intéressée que ça par notre appartement.
Évidemment, nous sommes très déçus mais notre agent immobilier se montre
toujours aussi motivé pour vendre notre appartement et effectue plusieurs
visites, ce qui est plutôt bon signe.
L’acharnement finit par porter ses fruits puisqu’en novembre, nous recevons une
deuxième offre d’achat.
Celle-ci tient la route et les démarches s’effectuant beaucoup plus rapidement
que précédemment, nous nous délivrons de cet appartement au 24 janvier 2018 🙂.
Merci à Laurent Aliaga et à son équipe de ADC Immobilier de s’être montrés si
professionnels, humains et efficaces dans la vente de notre appartement 😉.
La vente n’est pas trop mauvaise. Nous réussissons à récupérer le prix auquel
nous avons acheté l’appart il y a deux ans, ainsi que les frais de notaires, le
montant des travaux effectués et récupérons même un petit pécule. Pas grand
chose mais il est toujours bon à prendre 😉.
L’essentiel étant de ne pas avoir perdu d’argent sur cette investissement, qui,
avec le recul, n’était pas réellement raisonnable en sachant que nous allions
partir pour un an ou deux à l’étranger.
Mais bon, l’objectif de départ, celui d’avoir un pied à terre, était plutôt bon
et cet achat nous a permis de mieux nous rendre compte du type d’habitat que
nous souhaiterions acquérir à l’avenir.
Ce fut donc un mal pour un bien finalement. Il faut toujours voir le côté
positif pour chaque situation 🙂.
Maintenant que nous n’avons plus d’appartement ni d’emprunt à rembourser à la
banque, à nous la liberté ! 🙂