Canada : Celui qui partait explorer le Labrador

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Non classé
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Jour 48 : dimanche 07/08/2016

Dehors, le temps n’est pas beau. C’est gris, il pleut un peu et il fait frais !
Mais aujourd’hui c’est notre anniversaire de rencontre alors pour fêter nos 14
années de couple, Guigui m’emmène au Labrador 😉.
30 km de route depuis Fermont et nous voici arrivés dans la province des Inuits.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Voici à quoi ressemble le Labrador : quelques “villes” avec uniquement des
routes de forêt entre chacune d’elles.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

À peine avons-nous passé la frontière avec le Québec que nous devons procéder à
un changement d’heure.
Et oui, ici, il y a 1h de plus qu’au Québec, donc plus que 5h de décalage
horaire avec la France.
Autre changement au Labrador, ici on parle anglais.
Il va donc falloir que je m’y remette tranquillement, mais quand j’entends la
nana du bureau d’informations touristiques de Labrador City nous parler, je ne
comprends pas grand chose et je dois reconnaître que ça me soule déjà.
Par contre, la bonne nouvelle, c’est qu’elle nous informe qu’ici au Labrador,
on peut dormir partout où l’on veut, du moment que ce n’est pas dans le jardin
des habitants.
Après s’être renseigné sur les choses à voir dans la ville de Labrador City,
nous jetons un coup d’œil rapide au musée gratuit attenant au bureau d’infos
touristiques, qui raconte l’histoire du Labrador.
Un peu fatigués pour tout lire (d’autant que tout est en anglais), nous nous
contentons de regarder les photos, les animaux empaillés et les différents
artéfacts 🙂.
Y verrons nous des caribous durant notre séjour ?

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Puis nous allons faire un petit tour en ville, mais en voiture car avec la
pluie, ce n’est pas agréable de se promener dehors.
L’ambiance de la ville est vraiment spéciale. Ici tout est pensé pour des
hivers longs et rudes.
On ne différencie pas un commerce d’un autre, ni même un resto d’une banque.
On dirait que tous les services proposés sont dans des entrepôts, sans fenêtre !
Quelle horreur d’être constamment dans le noir.
Quasiment personne dans les rues, on se croirait dans une ville fantôme.
Deux explications possible : soit les gens se reposent chez eux à cause du
mauvais temps et puis nous sommes quand même dimanche, soit ils sont en
vacances.
A Fermont, Alex nous disait que c’était généralement plus animé l’hiver.
Toujours est-il qu’il y a une drôle d’ambiance, pas très chaleureuse…

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Un autre truc qui nous fait halluciner ici, c’est de voir un Mac Machin !
Ces cons-là sont vraiment partout. Ils ont réussi à s’installer même dans le
nord du Canada ! Dans un bled paumé !

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Le petit tour en ville terminé, nous cherchons un endroit où casser la croûte.
À 15h, il serait temps de penser à manger…
Et c’est au Jean Lake que nous nous installons, devant un très beau lac, seuls,
dans le calme le plus complet.
L’endroit est vraiment agréable. Manque plus que le soleil !
Au menu de ce midi, des patates sautées sauce pesto pour nous réchauffer 😉

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Sans oublier le manteau et le bandeau sur mes oreilles, Guigui se moquant de ma
coupe de cheveux, disant qu’elle ressemble à celle d’André Agassi dans les
années 90. Jugez par vous-même…

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador] [Canada : Celui qui partait
explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador] [Canada : Celui qui partait
explorer le Labrador]

Et pour une vaisselle écologique, un petit rinçage de nos couverts dans l’eau
du lac 😉.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Et puis le temps étant toujours pluvieux, nous nous baladons dans le centre
commercial mais ici, les magasins ferment à 17h ! Alors la balade est de courte
durée.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Bon bah on va aller se laver au complexe sportif de la ville dans lequel se
trouvent la salle de musculation, le bowling, la piscine, le gymnase de basket,
de handball, etc…
La douche est gratuite, propre et spacieuse. Et il y a même un sauna !
Nous sommes seuls dans les vestiaires alors c’est le grand nettoyage ! 🙂

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Et après la douche, bien que nous essayons de boycotter le Mac Machin le plus
possible, c’est là-bas que nous passons toutefois notre soirée car c’est le
seul “resto” qui possède des fenêtres !
Nous profitons de la connexion internet pour trier les photos et publier un
article sur le blog.

Durant la soirée, nous croisons pas mal de familles d’origine inuit, et
franchement obèses.
Il faut savoir que le gouvernement verse un peu d’argent aux populations
inuits, déjà exempts de toutes les taxes. C’est une manière en quelque sorte de
présenter des excuses auprès de ce peuple qui s’est vu voler ses terres par les
colons.
Bien que cette colonisation date de 400 ans, ça peut se comprendre car les
inuits étaient sur les terres du nord bien avant tout le monde et ils
n’emmerdaient personne jusqu’à ce que les blancs débarquent avec leurs gros
sabots pour tout leur prendre.
Beaucoup de ces inuits se refusent d’entrer dans la société moderne et
continuent de vivre à l’ancienne, selon leurs traditions.
En revanche, ceux que nous voyons dans ce fast-food ce soir sont clairement
intégrés à la société actuelle et du coup, c’est juste abusé de leur offrir des
privilèges alors qu’ils font le choix de vivre comme toutes les autres
communautés ”blanches”.
Ceux que nous voyons ce soir viennent en famille de 10-12 personnes, sont hyper
bruyants et surtout énormes !
Mais ils ne sont pas les seuls bien portants. Nous voyons aussi deux
adolescents venir à deux reprises se restaurer de burger et de frites en
l’espace d’une heure.
Vraiment ça me dégoute de voir notre société mal manger de cette manière et
devenir aussi grosse.
L’Homme n’est pas conçu pour être si imposant physiquement.
Et je suis convaincue que c’est toute cette malbouffe qui va nous conduire à
notre perte.
Enfin bref !

En fin de soirée, alors que nous squatttons toujours le McDo (la connexion
internet étant plutôt mauvaise pour charger les photos sur le blog), nous
rencontrons Alex de Fermont avec qui nous discutons un petit moment avant de
retrouver notre lac de cet après-midi pour y passer la nuit.

Jour 49 : lundi 08/08/2016

Ce matin, c’est la grosse flemme !
Comme dehors il pleut toujours, c’est le temps parfait pour traîner au lit 🙂.

Et puis, quand nous décidons enfin de nous bouger, nous remarquons que le pneu
arrière droit est bien dégonflé donc nous filons aussitôt chez Canadian Tire
pour remédier à ça au plus vite, autrement ça craint un max pour la traversée
du Labrador…

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Rendez-vous à 16h alors en attendant, nous allons faire un peu de
ravitaillement en fruits et légumes, et ce n’est pas chose facile.
Dans les premières épiceries que nous visitons, il y a des rayons entiers de
chips et barres chocolatées mais pas un seul fruit et légume !
Mais qu’est ce qu’ils mangent tous ces gens ?!!!
Nous finissons par trouver notre bonheur au supermarché IGA. Ouf !

Puis nous allons récupérer un téléphone satellite totalement gratuit et
vivement recommandé dès lors que l’on quitte la ville car il n’y a aucun réseau
entre les villes.
Donc en cas de problème quelconque sur les routes difficiles de la province
(panne, crevaison, etc…), cela pourrait nous être utile d’avoir ce genre de
téléphone pour appeler les secours.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

16h, c’est l’heure du verdict pour notre titinne.
Le pneu n’étant pas réparable, il faut le changer et le remplacer par un neuf.
Le vendeur propose deux marques à Guigui, qui évidemment choisit le moins cher.
Et alors qu’en France, il est impératif de changer les pneus par paire (les
deux de devant ou les deux de l’arrière), ici au Canada, ce n’est pas
obligatoire.
Cela arrange bien nos finances de n’avoir à changer qu’un seul pneu (125$ pour
le pneu + main d’oeuvre + taxes, soit 85€), d’autant que l’autre est encore en
bon état donc inutile de le jeter.

17h15, nous sortons de chez Canadian Tire et il pleut toujours. Raz-le-bol de
ce temps pourri !

Nous finissons par hésiter entre rester une journée de plus et espérer que le
temps s’améliore pour tenter de faire les quelques petites balades sur les
hauteurs de la ville, ou partir directement pour notre prochaine étape.

En attendant de nous décider, nous allons faire un brin de ménage dans notre
voiture en utilisant l’aspirateur de la station service.
Deuxième ménage en 30 jours, nous tenons à peu près le même rythme qu’à la
maison 😉.
Mais ici, il est super cher l’aspirateur !
2$ pour seulement 2 minutes, le double de ce que nous avions payé au Québec.
Le vieux monsieur qui attend derrière, nous entend baragouiner comme quoi c’est
super cher et comme ça fait déjà deux fois que nous déclenchons l’aspirateur,
il s’approche de la machine et y jette une pièce de 2$.
Trop sympa ! 🙂
Lui aussi trouve que c’est cher et en voyant notre aménagement de voiture, il
comprend que nous baroudons à petit budget, c’est pourquoi il nous offre ces
deux minutes supplémentaires de ménage.
Ou alors, il commence à s’impatienter…

La journée se termine. Nous décidons de rester encore un jour à Labrador City
et espérons vraiment que le temps sera plus clair demain.

Jour 50 : mardi 09/08/2016

Ah ! Enfin un ciel plus ou moins dégagé ! 🙂
Nous allons enfin pouvoir profiter un peu de ce temps moins pire que les jours
précédents pour aller nous promener en forêt.
Nous choisissons d’emprunter le sentier de Crystal Falls, une courte balade
d’une demie heure seulement mais qui vaut le détour car elle mène à un joli
point de vue sur la ville.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

La balade terminée, nous quittons Labrador City vers 11h15 et prenons la route
500, également appelée “la route de la liberté”, jusqu’à notre prochaine étape.
245km de route asphaltée et 3h plus tard, nous voici arrivés à Churchill Falls.
Il n’y a pas âmes qui vivent le long de la route, ou alors elles sont bien
cachées car nous n’avons vu que des forêts et des rivières.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Ah si, parfois une petite maison perdue au milieu des bois.
Nous supposons que ce sont des chalets de vacances mais peut-être pas ?…
Sur la route, nous croisons quelques hommes, jeunes et moins jeunes, cannes à
pêche à la main, se diriger vers la rivière.
Quand on vit dans le secteur où le réseau téléphonique est quasiment
inexistant, donc pas d’internet non plus, la vie doit être très différente de
ce que nous pouvons connaître.
On se dit que c’est un monde à part, avec des activités totalement différentes.
C’est davantage un retour aux sources.
Certes, ici les gens ont de beaux pick-up (qui soit dit en passant leur est
indispensable durant les 8 mois d’hiver), mais leur habitation reste modeste.
En tout cas, de ce que nous voyons, les locaux semblent vivre dans des petites
maisons en bois de plain pied.
On dirait qu’ils ont moins de besoins, ou du moins qu’ils ne s’en créent pas
d’inutiles.
En revanche, bien que ces locaux pêchent eux-mêmes leur poisson et mangent la
viande qu’ils chassent, nous trouvons les habitants de cette province bien plus
gros qu’au Québec.
Du coup, il y a un paradoxe entre leur mode de vie plutôt simple et leur façon
de consommer, notamment la nourriture.
Enfin bref, en voyageant à travers cette province reculée, je me laisse
envisager la possibilité de tenter une expérience de vie tranquille, loin de
tout, juste pour voir si je serai capable de vivre simplement sans jamais
m’ennuyer. Alors que je trouve qu’on se pourrit la vie avec Internet et toutes
ces technologies, Guigui m’affirme qu’il se croit tout à fait capable de vivre
isolé, tant qu’il a internet lui permettant de garder un contact avec le monde.

Sur ces pensées philosophiques, nous poursuivons notre route et à environ 20km
de notre arrivée, nous apercevons sur le bord de la route, un sentier de
randonnée que nous empruntons afin de nous dégourdir les jambes et voir un peu
au-delà de la route.
La balade n’est pas longue, à peine 20 minutes mais vaut vraiment le détour.
Elle mène à de jolis points de vue sur la chute d’eau qui permet d’alimenter la
centrale hydroélectrique de la région.
Si on fait abstraction des nombreuses bibittes qui nous pourrissent la vie, la
balade est vraiment agréable 🙂.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

En chemin, nous faisons la connaissance d’un couple québécois, âgé d’une
soixantaine d’années, faisant le même circuit que nous dans la province mais
dans l’autre sens.

Et puis nous terminons notre trajet de 20km et arrivons à Churchill Falls, une
petite ville pas touristique pour un sou puisque les habitants vivent ici parce
qu’ils travaillent pour la centrale hydroélectrique.
Toutefois, la ville nous fait meilleure impression que Labrador City.
Plus petite mais bien plus mignonne avec ces jolies maisons et son square pour
enfants.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Le centre commercial est une fois de plus un gros bloc sans fenêtre mais on
trouve absolument tout à l’intérieur, un peu comme à Fermont : le bureau
d’informations touristiques, la poste, la bibliothèque, le gymnase, le centre
de fitness, la piscine, le supermarché et l’école. Sans oublier le théâtre et
le curling 😉.

Une douche dans les vestiaires de la piscine et nous nous installons au square
pour enfants pour le souper (le seul endroit de la ville avec des tables de
pique-nique).
Il fait beau alors nous tentons de cuisiner dehors mais le vent est trop fort
alors nous optons pour une cuisine en intérieur du mini-van 🙂.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Puis, en cherchant un endroit sympa où passer la nuit, nous découvrons cette
très jolie plage d’où nous observons le soleil couchant.

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Malheureusement il ne nous est pas possible de rester ici pour la nuit car trop
proche des habitations, donc à la vue de tout le monde pour un petit pipi par
exemple…
Qu’à cela ne tienne, nous trouvons un autre endroit tout aussi beau où passer
la nuit.
Et c’est à la station de ski, fermée à cette période, que nous nous installons.
Là nous sommes tout seul, peinards, face à la vallée 🙂.
Une bonne nuit qui s’annonce…

[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]
[Canada : Celui qui partait explorer le Labrador]

Laisser un commentaire