Canada – Celui qui randonnait dans le parc Tombstone – le Mont Adney

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Jour 722 : lundi 23/07/2018

Randonnée : Mont Adney

Distance : 7 km en aller-retour

Dénivelé : 630 mètres

Départ : 1150 mètres d’altitude

Arrivée : 1784 mètres d’altitude

Durée : 6h30 (pauses incluses)

Levés à 10h ce matin, nous partons en rando à midi et demi sous un soleil de
plomb. Le soleil brille fort et le ciel est super clair. Ça promet d’être une
belle journée [smiley].

Notre objectif aujourd’hui est de grimper jusqu’au sommet du Mont Adney à
presque 1800 mètres d’altitude. Une randonnée hors sentier, sans aucun
balisage. Seules les coordonnées GPS trouvées sur le site Yukon Hiking nous
aideront à atteindre notre but.

Allez , c’est parti !

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Nous commençons par suivre une rivière qui serait parfaite pour y faire notre
toilette ce soir. L’oiseau que nous rencontrons et que nous pensons être un
lagopède semble apprécier l’endroit tout autant que nous [wink].

En attendant le bain de ce soir, il est bon d’y tremper ne serait-ce que mes
mains pour me rafraîchir.

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Jusque là, le terrain était plutôt agréable à sillonner mais après avoir
traversé la rivière et à mesure que nous nous en éloignons, c’est dans une
plaine inondée que nous nous enfonçons. Il n’y a nulle part où poser nos pieds
sans les tremper jusqu’à l’os, ce qui rend vite la balade désagréable, surtout
quand on ne porte pas de chaussures étanches [wink].

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Afin d’éviter les zones très humides, nous contournons le tracé mais plus nous
nous éloignons de ce tracé et pire c’est ! Nous sommes franchement proches
d’abandonner la randonnée tant ces marécages nous fatiguent et nous agacent.

Mais parce que nous sommes tenaces et persévérants, nous faisons une dernière
tentative en retournant au plus près de la rivière, et étrangement, le long de
la rivière est beaucoup moins humide.

Nous traversons plus facilement cette zone de saules pour continuer ensuite la
rando plus au sec, dans la toundra, une zone qui se caractérise par des mottes
de mousses et d’herbes totalement instables tant elles sont molles. Un passage
fatigant pour les chevilles.

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Cela fait une heure et demie que nous avons entrepris cette randonnée et nous
n’en avons même pas encore parcouru la moitié. Cela promet d’être long !

Toutefois, à mesure que nous prenons de l’altitude, le terrain se fait de plus
en plus sec et est recouvert de lichen. Nous arrivons enfin au pied de la
montagne.

Nous ne perdons pas notre sommet de vue et avançons droit devant. La pente est
raide, si bien que nous continuons notre ascension en transversal et
choisissons de monter plus progressivement.

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A environ 1400 mètres d’altitude, nous trouvons un bel endroit où pique-niquer.
Cette première montée nous a pris beaucoup d’énergie et nous ressentons le
besoin de reprendre des forces pour poursuivre la randonnée.

La vue y est splendide. Nous avons déjà pris pas mal de hauteur, suffisamment
pour nous rendre compte de l’immensité du parc.

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Le casse-croûte avalé, nous poursuivons notre ascension plus raide et
rocailleuse encore.

Deux cent mètres plus haut, à environ 1600 mètres d’altitude, nous faisons une
deuxième pause sur des rochers, le temps d’une collation.

La vue est exactement la même qu’à notre pause pique-nique mais le fait d’être
plus haut rend le paysage encore plus spectaculaire.

Personne en vue, c’est à croire que nous sommes les seuls dans cet espace
incroyablement grand.

On peut dire que le Yukon a bien choisi son slogan : “Yukon, larger than life”
[wink].

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Devant un tel paysage, plusieurs sentiments se font ressentir, à commencer par
celui de se sentir tout petit dans cet immense territoire. Et nous le sommes !

Tout petit mais également chanceux de pouvoir explorer des territoires encore
vierges. Certes, être au Yukon aujourd’hui est un choix que nous avons fait,
mais nous avons la chance d’être en bonne santé nous permettant de grimper des
sommets et de contempler la beauté de notre planète, et notamment de ce
territoire du bout du monde.

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Depuis notre rocher, les seuls bruits que nous entendons sont le souffle du
vent et la rivière qui coule un peu plus bas dans la vallée.

De là-haut, nous nous rendons aussi mieux compte de la longueur de la route
Dempster qui mène jusqu’à l’océan arctique. Cette route interminable et qui
semble si étroite !

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Lorsque nous reprenons notre rando, toujours plus raide, toujours plus haut,
nous croisons les chemins des écureuils de terre ou autres rongeurs (nous ne
sommes pas des experts en faune [wink]).

C’est toujours rigolo de les repérer aux sons qu’ils émettent et de les
observer en train de guetter le moindre de nos gestes.

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Nous prenons toujours plus d’altitude. La dernière grimpée en cheminée est
excessivement raide, demandant presque un peu d’escalade tant nous devons nous
accrocher avec les mains pour monter les derniers cent mètres qui mènent au
sommet.

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En réalité, le sommet sur lequel nous nous posons à 1784 mètres d’altitude
n’est pas le Mont Adney qui, lui, se situe à 1920 mètres. Nous pensions
sincèrement l’atteindre mais à chaque fois que nous passons un pic, il y en a
un autre un peu plus loin derrière. Cette chaîne de pics est interminable et si
nous ne nous arrêtons pas à l’un d’entre eux, nous pouvons continuer notre
rando encore longtemps, toujours plus loin. Mais l’heure tourne (il est près de
17h), et bien qu’il ne fasse jamais totalement nuit à cette saison, nous allons
finir par manquer de vivres, d’eau et d’énergie pour continuer et retourner à
la voiture. Il serait donc dangereux et peu raisonnable de poursuivre vers
l’infini et au-delà [wink].

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Après 4h30 de marche, nous décidons d’arrêter là notre ascension, à ce sommet
d’où la vue, absolument époustouflante, nous laisse sans voix.

Ces images qui semblent sorties tout droit d’un livre photos et qui sont
pourtant bien réelles valaient bien toute cette peine dans les marécages et les
montées.

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La vallée qui se trouve devant nous est si large entre ces deux montagnes !
C’est franchement grandiose.

Il y a bien des belles montagnes en France, ça c’est certain, mais jamais nous
n’avons vu des cuvettes aussi immenses que celles que nous voyons au Yukon.
C’est d’ailleurs cette immensité si caractéristique qui rend les vallées tant
humides, même en plein été.

En effet, l’eau de la fonte des neiges ne s’écoule jamais complètement et comme
il n’y a pas d’arbres dans cette toundra pour boire cette eau, seulement de
petits arbustes et beaucoup de mousses, elle stagne dans ces gigantesques
espaces.

Après avoir contemplé cette vue de malade à 360° pendant un long moment et
repris quelques forces, nous reprenons le “chemin” qui n’existe pas jusqu’à la
voiture.

Et pour se faire, nous descendons d’abord une cheminée, petite mais très pentue
(on y va accroupi et on s’accroche avec les mains) jusqu’à retrouver une crête
herbeuse plus douce et plus facile à parcourir.

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La descente est plutôt rapide et ça nous prend 1h15 pour retrouver les maudits
marais du début de la journée.

Toutefois, depuis le sommet, Guigui a plus ou moins repéré un chemin moins
marécageux par où passer pour ne pas trop se mouiller les pieds.

Et ça se fait plutôt bien. Il est trop fort mon Guigui ! [wink]

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De retour à la rivière du début de randonnée, nois remplissons nos gourdes
d’eau, équipés de nos moustiquaires de tête, les bibittes devenant trop
nombreuses et insupportables [smiley].

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19h, nous sommes de retour à la voiture, bien fatigués.

Au total, cela nous a pris 4h30 pour monter jusqu’à un sommet faisant partie de
la chaîne des Monts Adney (nos trois pauses incluses) et 2h pour tout
redescendre (sans pause).

Un peu de repos avant un repas copieux bien mérité et à 21h, nous retournons à
la rivière située à dix minutes à pieds du van pour nous laver et remplir nos
bidons d’eau.

L’eau est très froide mais tellement revigorante après une grosse journée de
rando !

Dommage que les moustiques profitent de notre nudité pour se goinfrer de notre
si bon sang…[laugh]

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Encore une fantastique journée qui s’achève sous une belle météo nous
permettant d’explorer gaiement le parc Tombstone qui, jusqu’à présent, ne cesse
de nous émerveiller [smiley].

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