1ère semaine de septembre 2018
Ça y est, l’été yukonnais touche à sa fin et cela fait deux mois déjà que
Guigui s’est fait refuser son permis de travail via la mobilité francophone.
Deux mois que notre PVT s’est terminé et que nous avons un statut touriste au
Canada et que nous n’avons plus le droit de travailler, l’occasion pour nous
d’avoir profité pleinement de notre dernier été dans le Grand Nord canadien.
Oui oui, notre dernier été.
Depuis que la responsable de Guigui chez Coast Mountain Sports lui a proposé,
suite au refus de sa mobilité francophone en juillet dernier, un programme de
nominé qui nous permettrait d’obtenir un autre permis de travail (et pourquoi
pas la résidence permanente), nous avons beaucoup réfléchi à cette possibilité.
Pas facile de prendre une décision quand on ne sait pas vraiment ce que l’on
veut faire.
D’un côté, nous n’envisageons pas de vivre au Canada, ce qui signifie que la
résidence permanente ne nous intéresse toujours pas.
D’un autre côté, même si ce fameux permis de travail est d’une durée de deux
ans, il nous permettrait de prolonger notre séjour au Yukon (on a l’impression
de ne pas en avoir terminé avec ce territoire) et, par le biais du travail, de
mettre davantage de sous de côté pour ensuite continuer éventuellement notre
voyage vers le sud de l’Amérique.
Bref, des rêves plein la tête, trop même car nous aimerions aussi développer
certains projets en France. Et comme dirait Guigui, ce n’est pas quand nous
deviendrons des vieux croulants que l’on pourra réaliser ces projets… [smiley]
Et oui, c’est comme ça, nous prenons de l’âge…
Malgré tout, après moultes réflexions, nous tentons quand même de prolonger
notre séjour au Yukon.
Qui ne tente rien n’a rien, dit-on. Et puis, rien de nous empêche de tout
quitter si le cœur nous en dit. Après tout, c’est ça la vie, être éternellement
libre de ses choix et de ses actes.
[]
Pour postuler au programme de nominé yukonnais, Guigui doit passer un test
d’anglais que nous payons près de 400$.
Il le réussit haut la main [wink].
Ensuite, il doit fournir certains documents tels que des diplômes, notre
certificat de mariage (puisque qu’il me rattache à sa demande) ainsi que la
copie de nos passeports, le tout certifié conforme.
Bon, le certificat de mariage est toujours certifié conforme, donc ça, c’est
fait.
En ce qui concerne ses diplômes restés en France, la maman de Guigui, déjà très
prévoyante à l’époque, les avait fait certifier conforme du temps où il était
encore à l’école. Elle n’a plus qu’à nous les envoyer à Whitehorse.
Enfin, pour ce qui est de certifier nos passeports, il n’y rien de plus simple.
Alors qu’en France nous devons passer obligatoirement par un notaire pour faire
certifier conforme des documents, ici, à Whitehorse, c’est la société UPS qui
se charge de le faire, moyennant quelques dizaines de dollars.
En dix minutes, l’affaire est réglée.
Pour le moment, les démarches pour demander ce nouveau permis de travail
semblent relativement facile.
Toutefois, maintenant que nous sommes en statut “touriste”, nous n’avons pas le
droit de postuler pour un quelconque permis de travail depuis le sol canadien
car il est, en théorie, interdit de rechercher un emploi quand on est touriste.
C’est logique puisqu’un touriste, ça ne travaille pas [smiley].
Ce qui fait que Guigui doit effectuer sa demande hors sol canadien et n’y
rentrer de nouveau qu’une fois le programme de nominé accepté par
l’immigration, soit le temps de douze semaines maximum.
Okay, et bien ça ne nous dérange pas du tout. On pourrait en profiter pour
passer quelques vacances en France, cela fait plus de deux ans que nous n’avons
pas remis les pieds au bercail. Cela ferait du bien de revoir amis et famille,
surtout si nous envisageons de prolonger notre séjour au Yukon pour une assez
longue durée.
Notre séjour en France était une bonne idée, mais seulement pour nous
visiblement. En effet, le magasin Coast Mountain étant en théorie dans
l’obligation de payer le vol du candidat en cas de validation du dossier, ses
dirigeants ne souhaitent pas payer le billet Paris → Whitehorse, et refusent
donc catégoriquement que nous faisions notre demande de permis de travail
depuis la France. Sûrement que ça leur ferait trop cher, c’est pourquoi ils
proposent que nous passions tout l’automne en Alaska, aux États-Unis.
Bah oui, je les comprends, l’Alaska, ce n’est pas très loin, mais bon, pas
question d’y passer trois mois, surtout à cette période ! Non non non, cela ne
nous tente pas du tout.
Et puis, nous devons bien reconnaître que depuis plus de deux ans que nous
sommes au Canada, nous n’avons jamais réellement connu le plein été, du moins
comme nous nous le représentons, nous les français.
Nous entendons par là qu’un été qui ne dure que deux mois avec seulement deux
semaines à 25°C, le reste de la saison atteignant à peine les 20°C, et bien ce
n’est pas un véritable été.
Le plein soleil et la chaleur nous manquent, l’envie de nous balader presque
nus et en tongs également.
C’est pourquoi, nous décidons, un peu à la dernière minute, de séjourner au
soleil, à la mer, le temps que l’immigration prenne sa décision quant au
dossier de Guigui.
C’est donc à Hawaï que nous décidons de patienter ces six prochaines semaines,
convaincus que nous obtiendrons notre nouveau permis de travail rapidement.
Puisque l’employeur de Guigui est sûre de son coup, il n’y a pas de raison que
nous ne l’obtenions pas cette fois-ci [smiley].
Octobre 2018
Nous étions tout contents et super motivés d’entreprendre ces démarches quand
finalement, après quatre semaines d’attente, Guigui reçoit un courriel de son
employeur expliquant qu’il lui est impossible de soumettre son dossier à
l’immigration car il n’a pas à son actif, les six mois d’expérience requis dans
le service client, le minimum à avoir pour postuler à un programme de nominé
dans le secteur de la vente.
En effet, Guigui n’a que quatre mois et demi d’expérience comme vendeur chez
Coast Mountain. Nous le savons parfaitement puisque nous l’avions mentionné à
son employeur avant de postuler à ce permis de travail.
Mais selon elle, il n’y avait pas de problème pour que ça passe auprès de
l’immigration, qu’ils tiendraient compte de son expérience comme serveur dans
le restaurant japonais et que, étant parfaitement conscients de son fort besoin
de recruter du personnel, ils lui feraient certainement cette faveur.
“T’es sûre ?”, lui avions-nous demandé à plusieurs reprises.
“Parce que ces démarches nous coûtent quand même des sous donc si tu n’es pas
sûre que ça passe, on laisse tomber.”
Sauf que la responsable de l’immigration est partie en congé sabbatique, que
les règles ont changé entre temps et que le nouveau chef de service ne veut
rien savoir à propos du dossier de Guigui. S’il n’a pas les six mois
d’expérience, alors il ne peut soumettre son dossier.
C’est donc super dégoûtés que nous encaissons la nouvelle. Un peu en colère
également car si la responsable de Guigui avait obtenu les informations
nécessaires, jamais nous n’aurions entrepris ces démarches, et surtout nous
n’aurions pas séjourné six semaines à Hawaï !
Parce que, qu’on se le dise, Hawaï, ça coûte une blinde !
Mais bon, voyons le côté positif. Pour le moment, nous sommes dans un endroit
superbe, le soleil brille, il fait chaud, nous mangeons des fruits exotiques et
nous nous promenons en tenue légère toute la sainte journée. Exactement ce que
nous recherchions.
La vie est belle et continue de nous sourire.
Pas de nouveau permis de travail canadien nous concernant mais un visa touriste
valable encore jusqu’au 7 novembre.
Nous verrons à notre retour de Hawaï ce que nous ferons ces prochains mois.
Une chose à la fois.
Rien ne sait de courir…
Essayons plutôt de savourer l’instant présent [smiley].